ET Paf! plus d’électricité – CUISINE

paf! plus d’électricité

Projet réalisé par : Manon GOUVERNET, SCHAERER–BORIE, Yassine NAIBAT, Feryel MAAMAR-DINE
Date : septembre 2026

Un projet autour des ressources en situation de crise

Dans le cadre du projet « », réalisé en partenariat avec le Réseau français des Fablabs et le Réseau des tiers-lieux Grand Est, nous avons été invités à réfléchir à une situation de panne d’électricité généralisée.

Notre travail s’inscrivait dans la préparation d’une exposition itinérante consacrée aux ressources communes en situation de crise. L’objectif était de concevoir un dispositif permettant de récolter les avis et les idées du public, sans médiateur, autour d’une question de design fiction :

« Comment cuisiner, communiquer et s’informer en 2066 sans électricité ? »

Nous avons choisi de nous concentrer sur la cuisine et sur une question plus simple, destinée à faire réagir directement le public :
que cuisinerait-on en pleine nature, sans électricité ?

De la recherche à la question

Pour commencer, nous avons travaillé en groupe en rassemblant des mots-clés, des idées et tout ce qui nous faisait penser à la cuisine.
Nous avons ensuite regroupé ces idées autour d’une problématique commune : comment cuisiner sans électricité ?

Nos recherches nous ont amenés à nous intéresser aux techniques utilisées avant l’apparition de l’électricité dans les foyers.
Nous avons notamment étudié différents documents montrant comment les personnes cuisinaient autrefois grâce à des fours, des systèmes
de conservation comme les glacières …

Ces recherches nous ont permis de comprendre qu’une panne d’électricité ne signifie pas nécessairement l’arrêt de la cuisine.
Il existe d’autres moyens de produire de la chaleur, de conserver les aliments et de préparer un repas.
Cette réflexion nous a également amenés à nous intéresser à une dimension plus sociale :
cuisiner est aussi une manière de se retrouver, de partager et de créer du lien.

Un premier prototype pour tester la réaction du public

À partir de nos recherches, nous avons réalisé un premier prototype en carton. Nous y avons inscrit notre première question :

« Que cuisinerais-tu en pleine nature ? »

Nous avons accompagné cette question d’un photomontage afin de donner une première représentation visuelle de notre idée.

Avant de réaliser la version définitive, nous avons testé notre prototype au lycée. Cette étape nous a permis d’observer les réactions
des personnes et de voir si notre question était suffisamment claire.

Pour organiser ce test, chacun avait un rôle précis : une personne récoltait les réponses écrites, une autre dessinait le trajet des personnes autour du dispositif, une autre dessinait l’environnement et une dernière échangeait directement avec les personnes interrogées.

Cette expérimentation nous a permis d’identifier un problème important : les personnes interrogées ne comprenaient pas toujours
que la question faisait référence à une situation sans électricité.
Notre formulation était donc trop vague.

Nous avons alors reformulé la question pour la rendre plus précise :

« En pleine nature, sans électricité, que cuisinerais-tu ? »

Cette nouvelle formulation correspondait davantage à notre intention et permettait au public de mieux comprendre la situation imaginée.

Concevoir une affiche qui donne envie de participer

Une fois la question validée et mise en commun avec le groupe, nous avons commencé à concevoir l’affiche finale.

Pour choisir la typographie, nous avons réalisé un exercice consistant à associer une ambiance et un lieu à une direction graphique.
Nous avons tiré l’univers du musée contemporain. Nous avons donc recherché des typographies capables de rappeler cet univers
tout en restant lisibles( decrire les fromes de typo pk ).

Nous nous sommes ensuite réparti les tâches : certaines personnes ont travaillé sur le photomontage, d’autres sur la typographie
et la mise en page. Nous avons ensuite discuté collectivement de la composition finale : emplacement du titre, taille du texte, organisation
des différents éléments et équilibre général de l’affiche.

L’affiche devait avant tout être lisible, cohérente et suffisamment attractive pour donner envie au public de participer.

Sous la question principale, nous avons ajouté un message commun aux différentes affiches :

« Racontez-nous une expérience, laissez-nous un message au… »

Le principe était que les participants répondent directement à la question en appelant le numéro indiqué.
Nous pouvions ensuite récupérer et écouter les réponses laissées sur la messagerie.

Un photomontage autour du partage

Le photomontage occupe une place importante dans notre affiche.
Nous avons représenté plusieurs personnes en train de manger ensemble en pleine nature, avec du matériel rappelant les techniques
de cuisson d’autrefois.

Nous avons voulu montrer que la cuisine ne concerne pas uniquement la préparation d’un repas.
Cuisiner peut aussi être un moment de partage, de plaisir et de rassemblement.

L’image devait donc donner envie de se projeter dans cette situation et d’imaginer comment nous pourrions nous organiser collectivement
si l’électricité venait à disparaître.

Pour réaliser cette image et la mise en page finale, nous avons utilisé Photoshop et InDesign.
Même si nous avions déjà utilisé ces logiciels auparavant, leur utilisation dans un projet collectif nous a demandé davantage de précision
et d’organisation.

Une production pensée pour être transportée

Pour présenter notre affiche, nous avons choisi de recycler des structures déjà existantes en frome de cub en bois.
Leur format était adapté à notre projet et elles avaient l’avantage d’être dépliables, pratiques à transporter et faciles à installer.

Nous avons également travaillé sur le choix du papier. Pour l’impression, nous avons utilisé un papier vert fluorescent,
qui permettait à l’affiche de se démarquer dans l’espace d’exposition.

Le choix des couleurs et de la mise en page avait un objectif simple : attirer le regard tout en permettant de comprendre rapidement la question et la manière de participer.

Cette réalisation nous a également permis de progresser dans notre maîtrise de Photoshop et d’InDesign,
mais aussi d’améliorer notre organisation et notre capacité à travailler collectivement.

Une installation au Shadock

Notre projet a été présenté au Shadock, un tiers-lieu dédié aux cultures numériques à Strasbourg, qui accueille des ateliers,
des formations et différents événements autour des usages du numérique.

Nous disposions d’un espace réservé aux étudiants du DN MADE Innovation du lycée Le Corbusier, au rez-de-chaussée,
derrière les escaliers menant à l’étage.

Nous avons organisé l’espace autour de la structure central sur lequel était installée notre affiche.
Des poufs étaient disposés autour afin de créer un espace plus convivial et agréable.
Une petite table permettait également de présenter nos flyers.

Le public pouvait découvrir notre installation dès son entrée dans le Shadock.
Le vert fluorescent attirait naturellement le regard et permettait à notre espace de se distinguer.
La disposition des poufs créait quant à elle une atmosphère plus accueillante et invitait davantage à s’arrêter et à participer.

De la cuisine à l’idée de résilience

Au départ, notre réflexion était principalement centrée sur une question simple : comment cuisiner sans électricité ?
Au fur et à mesure du projet, nous avons compris que cette question pouvait être élargie à notre manière de vivre et de nous organiser
face à une situation de crise.

Nos recherches sur les anciennes techniques de cuisine nous ont montré que l’électricité n’a pas toujours été indispensable pour préparer
un repas.
Les fours, les foyers, les systèmes de conservation et d’autres techniques permettaient déjà de cuisiner et de conserver les aliments.

Ce projet nous a donc permis de réfléchir à notre dépendance actuelle à l’électricité,
mais aussi aux connaissances et aux solutions qui existent déjà.

Finalement, imaginer une vie sans électricité ne signifie pas forcément tout recommencer : il est possible de s’inspirer des techniques du passé, de les adapter à nos besoins actuels et surtout de trouver des solutions collectivement.

À travers une simple question posée au public, nous avons voulu ouvrir une réflexion sur notre capacité à nous adapter, à bricoler, à partager nos connaissances et à continuer à vivre ensemble face à une situation de crise.