Et paf ! Plus d’élec ! – Communiquer

Le contexte 

Dans le cadre du projet partenarial « Communs d’urgence » mené avec le Réseau français des Fablabs et le Réseau des tiers-lieux Grand-Est, ce projet proposait une démarche prospective. À l’occasion de la France Design Week, du 18 au 30 septembre, un dispositif interactif de récolte de parole a été déployé au Shadock, un espace axé sur la sensibilisation au numérique responsable. Intitulée « Et paf ! Plus d’élec », cette installation en bois interpellait les citoyens avec la question « Comment tu contactes tes potes sans tél ? », afin de questionner notre dépendance technologique. L’objectif principal était de comprendre comment réussir à communiquer, informer la population et assurer les besoins primaires comme manger et maintenir le lien social en cas de panne globale d’électricité ou de situation d’urgence.Les témoignages, réactions et astuces recueillis auprès des usagers sur leurs manières de s’organiser sans réseau ni énergie constituent une base d’analyse concrète qui viendra directement structurer la suite de notre nouveau projet.

L’élaboration 

Aujourd’hui, le téléphone est devenu une véritable extension de notre corps, un objet dont nous sommes devenus profondément dépendants. Mais que se passerait-il si, du jour au lendemain, tout s’arrêtait ? Si l’électricité venait à disparaître, emportant avec elle notre principal moyen de communication ?

En 2066, une telle panne générale n’est plus de la science-fiction, mais une hypothèse plausible qui interroge notre résilience collective. Comment les citoyens, les collectivités et les entreprises réagiraient ils ? Quelles solutions existent déjà et quelles idées émergeraient face à la crise ? C’est autour de ces enjeux que nous avons sensibilisé les usagers du Shadok, à travers la question : « Comment contactes tu tes potes sans tél’ ? »

La démarche :

Le cheminement qui nous a menés à cette problématique a débuté par une phase de cadrage autour du mot-clé qui nous avait été attribué : « Communiquer ».

Mise en contexte et recherches : Nous avons projeté notre réflexion en 2066 pour formuler des premières pistes de questionnement. Pour anticiper les réponses possibles, nous avons étudié les moyens de communication antérieurs à l’électricité grâce a une frise, nous nous sommes également projeté a travers une personne type pour prévoir ces réactions. 

Première question et prototypage : Après plusieurs débats en groupe, nous avons retenu la question : « Et si tu devais contacter tes potes sans tél’ ? ». Nous l’avons associée à un photomontage percutant destiné à interpeller visuellement le public.

Ces affiches suivaient toutes la même structure : une question, un numéro de téléphone à composer pour y répondre, et un photocollage pour illustrer le tout.

Chargés de la partie communication, nous avons réfléchi aux différents domaines dans lesquels elle s’exprime. Nous avons choisi de nous concentrer sur la communication entre amis. Après plusieurs essais et recherches de questions, nous avons retenu : « Comment contacter tes potes sans tel ? », qui est devenue l’élément principal de notre affiche.

Test auprès des élèves : Pour observer les réactions, nous avons testé ce prototype au sein du lycée auprès de camarades non briefés. Leurs retours ont montré un réflexe massif vers d’autres moyens de communication numériques dépendants eux aussi du réseau électrique.

Ajustements et choix graphiques :

Ce constat nous a poussés à revoir la place du contexte et la façon d’impliquer directement le public :

Reformulation de la question : Nous avons opté pour « Comment tu contactes tes potes sans tél’ ? ». Plus directe et familière, cette tournure favorise l’identification immédiate. Le contexte de la panne électrique a quant à lui été clarifié dans l’environnement global du dispositif.

Choix typographique : Nous avons sélectionné une typographie pixellisée évoquant le numérique rétro. Elle fait référence aux premiers téléphones et marque le rapport au temps, un élément clé de la problématique.

Visuel décalé : Le photomontage final intègre des téléphones et des personnages issus d’époques différentes, réalisant des actions décalées par rapport à l’usage habituel d’un portable, le tout traité avec une pointe d’humour.

Dispositif final et médiation au Shadok :

L’affiche finale (association de la question et du visuel) a été imprimée à l’imprimante laser sur un rouleau vert fluo, puis fixée sur une structure cubique en bois. Installée au rez-de-chaussée du Shadok aux côtés des réalisations des autres groupes, notre création s’insérait dans un espace aménagé avec des assises invitant à la réflexion. Pour récolter les avis et idées des visiteurs, un numéro de téléphone relié à une boîte vocale propre à notre groupe leur permettait de laisser directement leur message.

Techniques et savoir-faire

L’affiche :

Pour ce projet, nous avons réalisé différentes affiches ainsi qu’une structure en bois pour les mettre en valeur. Chaque affiche traitait d’un sujet différent, articulé autour de la communication, de l’information et de la cuisine.

Pour notre photocollage, nous avons choisi le téléphone comme élément récurrent afin de faire écho à notre question. Sur Photoshop, nous avons détouré les téléphones ancien comme nouveau (le nokia deviens une barque et le samsung deviens un parachute) 

Nous avons également ajouté des bulles de dialogue pour symboliser la parole, essentielle dans la communication. À l’intérieur, nous avons glissé des références à Internet, comme un morse qui s’exprime en code morse ou lune personne faisaint du paddle qui « surfe » sur le Web. Pour la typographie des bulles, nous avons utilisé la Low-Res Bold, qui rappelle l’écriture des messages du Nokia 3310. Cela résonne aussi avec le fond de notre visuel, qui reprend le fond d’écran classique de Windows XP.

Le module :

Après la réalisation des affiches, il fallait créer un support d’exposition. Nous avons construit une structure composée de deux cubes de 1 m par 1 m.

Les quatre faces étaient conçues pour accueillir les trois affiches ainsi qu’un panneau explicatif pour présenter le contexte du projet.

Les affiches sont maintenues par des tasseaux de bois fixés à la structure grâce à des vis papillons. L’ensemble de la structure est d’ailleurs assemblé avec ce type de vis pour être facilement démontable et transportable. Des cordes munies de nœuds de tente ont également été ajoutées au centre pour renforcer la stabilité.

L’installation au Shadok s’est déroulée facilement grâce à ces astuces techniques. Nous avons positionné le module de manière à ce qu’il soit visible dès l’entrée dans la pièce, avec l’affiche de contexte face aux visiteurs. Des poufs ont été installés tout autour pour inviter au repos et à la circulation. Cet aménagement permet aux visiteurs d’échanger facilement tout en tournant autour du module.

Médiation finale

Jeudi 24 septembre, nous avons pu effectuer un essai de médiation autour de notre module et de notre question au Shadok, auprès d’employés et de visiteurs. Durant cette session, nous nous sommes réparti différents rôles en nous appuyant sur trois grilles d’observation que nous avions conçues :

Les profils types des visiteurs et visiteuses ;

Les discussions et questions suscitées autour du module ;

Les déplacements et parcours dans l’espace.

Cette médiation nous a permis de recueillir de nombreuses idées, ainsi que des témoignages et anecdotes personnels et uniques.

 

Groupe communiquer : DEBAIN Amandine, REMILI Sofian, POSTIF Ely, PLEDEL Marie