Et vous pourquoi (n’) achetez vous (pas) bio ?
Lundi 9 février : Exercice de typographie
Notre classe de DNMADe Innovation Sociale a un nouveau projet : une récolte de parole sur un marché autour de l’alimentation ! Le projet doit nous permettre de garder trace de la parole, de créer
un dispositif visible et transportable mais aussi de savoir utiliser la typographie pour attirer l’attention des passants.
Pour démarrer correctement ce nouveau sujet, il faut se familiariser avec le monde de l’affiche
et de la typographie. Notamment son vocabulaire. Nous avons donc consacrer 3 jours
à comprendre leur fonctionnement. 
Lundi 9 février 2026 : Les exercices de typographie
Lundi, nous avons appris le vocabulaire : pour travailler sur un sujet il faut savoir en parler correctement. La typographie est un élément phare dans le cadre de notre projet : elle doit être lisible et visible de loin. Nous avons donc appris à reproduire des lettres avec différents empattements, jambages, boucles… Nous devions reconnaître et comprendre comment fonctionne les modules des diverses écritures.
Mardi 10 février 2026 : Un réflexion autour de l’alimentation + 1e test au sein de la classe
Mardi, nous avons débattu avec les autres étudiants de la classe autour de l’alimentation. Dans
un premier temps nous avons assisté à un cours pour comprendre quels sont
les différents types d’aliments, pourquoi ils sont importants et quel devrait être notre rapport avec eux : faudrait il en manger plus ? Moins ?
Puis, nous nous sommes mis par groupe. Ce sera nos groupes pendant toute la durée du projet.
Notre groupe était composé de Feryel, Thomas, Mélanie, et moi. Chaque groupe devait trouver une question sur l’alimentation à poser au reste de la classe. Nos deux premières phrases d’accroche étaient « Les pauvres ne mangent pas bio ! » et « Le bio c’est pour les riches ! » Parmi ces deux phrases celle qui a le plus fonctionné était la première. Elle était plus provocante et suscitait plus de réactions.
Lundi 2 mars 2026 : Test de compositions au scotch
Ce jour là, nous nous sommes penchés sur la composition des affiches. Comment, l’organisation d’une affiche était elle plus ou moins intéressante et attirante ? Plusieurs exercices nous étaient proposés : l’un à base de scotch que nous utilisions pour reproduire des lettres, l’autre en découpant des typographies imprimées, que nous devions combiner.
Dans ces deux exercices le but était le même : jouer avec les échelles, les typographies et les graisses afin de comprendre quel est le rôle de chacun. Par exemple, un mot important peut être écrit avec une police avec des futs épais, en gras, en majuscule ou encore plus grand que le reste des mots.
La position par rapport a l’affiche est également importante ! Le mot impactant peut être placé au centre pour attirer plus l’attention. Inversement une phrase considérée comme un détail peut être placée en bas de l’affiche, en plus petit, dans un coin.
Cette séance nous à permis de réfléchir à quel agencement penser pour notre affiche de sondage. Celle ou nous écrirons notre phrase d’accroche ou notre question.
Après ces réflexions, il fallait réussir a se projeter dans le projet de sondage au marché.
Mardi 3 mars 2026 : Création de dispositifs prototypes en carton


Avec des morceaux de cartons, des tasseaux de bois et des feutres nous nous sommes lancés dans la fabrication de prototype. Notre idée était de créer un support pour écrire les réponses récoltées et un support qui attirerait l’attention et qui serait visible de loin. Nous nous sommes séparées en deux sous-groupes : le premier, Mélanie et Thomas, réfléchissait au dispositif avec la question (visible de loin). Le deuxième (Feryel et moi) faisait des tests sur la fabrication de la table en carton. Ainsi nous avons pu commencer à imaginer quel matériel nous serait utile pour la réalisation du projet.
Lundi 9 mars 2026 : rencontre avec Morgane Dreanno
Durant ce cours, nous avons rencontrer Morgane Dreanno qui fait partie de l’association pour la Sécurité Sociale Alimentaire (SSA). Elle nous a présenté l’association, expliqué pourquoi elle existait et quels sont ses valeurs.
Elle nous a parlé également des expérimentations, des études et des calculs qui ont été réalisée pour l’association. Morgane Dreanno démontrait que bien manger, malgré le fait que les coûts, permettait de faire des bénéfices dans d’autres domaine comme l’environnement ou la santé. Une vidéo nous a aussi été présentée. Elle nous a permis d’avoir des astuces pour aborder les gens dans la rue, et recueillir leurs témoignages. Il ne faut pas leur faire peur en leur mettant
la pression mais plutôt accentuer sur le peu de temps que ça va prendre, sur la gratuité de la demande et surtout les faire parler d’eux. Il faut leur permettre d’être suffisamment à l’aise devant nous qu’ils ne connaissent pas.
Mardi 10 mars 2026 et Lundi 16 mars 2026
Version 1 des dispositifs et rencontre avec Lisa Renard
Ces deux jours étaient consacrés à la constructions de dispositifs tests. Puisque nous étions quatre nous avons également penser à deux flèches en carton qui permettent aux passants de savoir qui nous sommes : « des étudiants en design ».
Ainsi ils comprennent facilement que nous ne demandons pas d’argent.
Nous avons également fait la rencontre de Lisa Renard, une anthropologue. Celle ci nous a parler de son métier, des avantages, des inconvénients, mais surtout des qualités à avoir pour obtenir un maximum de renseignements sur une personne inconnue. Elle expliquait qu’il pouvait d’abord y avoir des préjugés entre les personnes, et qu’il fallait savoir rester humble et être le plus a l’écoute possible de l’interlocuteur. Elle nous a préciser la nécessité d’oublier ce qu’on pense savoir de quelqu’un avant de l’interroger pour ne pas l’influencer. Pour avoir des réponses qui se rapprochent un maximum de la réalité, il ne faut pas partir du principe que nous avons déjà la réponse : c’est la meilleur manière d’influencer les résultats.
Mardi 17 mars 2026 : Test à la cantine du lycée
Mardi, nous effectuions le test dans le lycée. Nous avons rapidement cerné un problème : notre phrase d’accroche ne parlait pas assez aux lycéens. La phrase n’étant pas une question, perturbait les passants qui ne savaient plus quoi répondre. Beaucoup de nos réponses était des « VRAI » ou « FAUX ».
Les jeunes ne justifiaient pas systématiquement leurs propos créant un manque d’informations pour nous au moment du compte rendu. Nous avons alors penser a transformer notre phrase d’accroche en question. Nous passons alors de « Les pauvres ne mangent pas bio ! » à « Pourquoi (n’) achetez vous (pas) bio ? »
Le test nous a également souligner l’importance de la place dans l’espace du dispositif. Il fallait qu’on trouve un horaire où les jeunes n’étaient pas pressés, et surtout un endroit ou il y avait du monde. Le fait que certains s’arrêtaient à nos dispositifs permettaient d’en attirer d’autres !
Lundi 23 mars 2026
Rencontre avec la Vigotte Lab + création de la V ersion2
Cette séance a été séparée en 2 parties. D’abord nous avons assisté a une conférence de la Vigotte Lab. La Vigotte Lab est un tiers lieu qui accueille des étudiants, des chercheurs,… où ils participent à des formations et expérimentations.
Durant cette présentation Arthur et Juliette (faisant partis du collectif) nous ont conseillés sur des dispositifs crées par d’autres élèves du lycée. Cela nous a permis de comprendre notamment l’intérêt esthétique d’un projet. En effet les couleurs, les matériaux, les liaisons entre les dispositifs influencent sur la praticité, et notre attitude !
Dans une 2e partie, nous avons commencé à créer les versions finales de nos projets.
Mardi 24 mars 2026 : Finalisation de la Version 2
Dernier jour pour les détails du projet. Il faut se décider de qui à quel rôle dans le groupe,
mais également savoir dans quel marché nous allons faire le sondage.
Mercredi 25 mars 2026 : Sondage au Marché
Nous avons choisis le marché de Broglie. Nous y sommes allés le matin, afin de croiser un maximum de personnes. Nous étions repérable de loin avec nos couleurs vertes. Nous voyons les regards intrigués de certains posés sur nous. Très vite un commerçant est venu nous voir : « je crois avoir une réponse » nous a t’il dit. Nous l’avons donc incité a parler. Il nous a fait une longue argumentation pour nous expliquer l’intérêt des pesticides en tant qu’agriculteur. « Surtout dans un monde où on veut manger de plus en plus végétariens ! ». Nous ne nous attendions pas à cette réponse, ce qui a rendu l’échange encore plus intéressant. Il nous expliquait alors le lien étroit entre la baisse de la consommation de viande et les pesticides, pendant que je notais soigneusement ses arguments. Plus tard des passants nous lançaient leurs réponses sans même prendre le temps de s’arrêter :
« – Pourquoi n’achetez vous pas bio ?
– C’est pour les riches !
– Parce que c’est de la merde ! » nous a-t-on dit.
Ces dames paraissaient presque en colère. Comme si on avait relevé une injustice auquel
elles faisaient face. Je notais toutes les réponses mots pour mots, pour garder de l’authenticité.
Malheureusement la météo n’étaient pas de notre coté, et la pluie abîmait les papiers réponses
des passants. Nous étions très contents d’avoir penser à un compartiment ou ranger les réponses
autre que celui qui servait d’affichage !
Même hors du marché, dans le tram, une dame s’est arrêté pour répondre a notre question.
Elle semblait engagée. Elle ne se mettait pas en colère mais développait des arguments et des exemples précis pour expliquer en quoi le bio n’était pas accessible.
« – Je ne fait pas confiance aux marques. On doit se fier a ce petit mot « BIO », parce qu’on nous dit que c’est bon… Mais c’est quoi au juste le bio ? J’ai l’impression que personne ne sait vraiment … ».
Elle nous a remercier pour cet échange avant de descendre du tram.
Mardi 31 mars 2026 : Restitution du projet et présentation
Nous nous sommes rendu compte à quel point nos réponses allaient toutes dans un sens : le bio n’est pas accessible. Mais le plus intéressant était de comprendre les différents obstacles qui se dressaient entre lui et nous : il est difficile d’en produire, d’en acheter, et d’en trouver !
Ce projet nous a permis d’apprendre à aller voir des inconnus, à discuter avec eux d’un sujet, mais aussi à les attirer avec notre dispositif. Nous avons dû vaincre notre timidité et le regard des autres pour obtenir les réponses dont nous avions besoin. Les tests et dispositifs nous ont permis d’apprendre à envisager différents imprévus comme la météo, le manque de temps, l’incompréhension, les réactions…
Nous savons maintenant documenter notre démarche, travailler en groupe, rédiger une question brise-glace, mettre en forme un texte en grand format, concevoir un dispositif mobile mais aussi aller sur le terrain et aller à la rencontre des usagers.
