Le format Photomaton me sert aujourd’hui à la fois à découvrir leur manière d’imager leurs pensées sur ces histoires, mais aussi d’échanger par la suite sur cette expérience, et à prendre connaissance de leurs habitudes de lecture, et ce qui les attire.

De belles rencontres et de belles surprises ont pris forme.

“j’aime l’histoire et la littérature mais je lis pas moi mais j’aime bien voir juste des petites phrases!”

” C’est du lourd Candide c’est trop ma vie, attend je vais te faire un rap dessus”

” si la 4eme de couv m’attire et que les 4 premières pages sont cool, là c’est bon je le continue”

“C’est bien les livres classiques! mais cherche pas, si dès le début le perso principal t’as envie de le bitch slapper, c’est même pas la peine j’ai pas envie de le continuer”

Affaire à suivre, les éléments sont mis à disposition des jeunes, peut-être que je recevrais de nouvelles images avec leurs propres règles?

 

 

Les Micro-chantiers continuent

  

Intervention à la Krutenau

« Je ne voulais pas aller en général, ça aurait été foutu pour moi, j’y serais jamais arrivé… »
— lycéen en Bac Pro Electronique 

 
« Le bac S et le bac L c’est dur, en plus le dessin c’est mon seul point fort… du coup j’ai cherché à côté de chez moi des formations. »
— lycéen en STI Arts Appliqués
 
« – Et tu savais que des bacs pro existaient pour te spécialiser tout de suite ?
Oui mais non… Je sais pas… J’avais cette formation comme objectif, j’ai pas cherché plus loin. »
— lycéenne en seconde STI souhaitant devenir dessinatrice de personnages de jeux vidéos

 
 
« – Et tu sais ce que tu veux faire après ?
– Oui! Je le sais depuis la cinquième au moins !!
– Ah bon ! Et tu veux faire quoi ?
– Je veux être info graphiste ! 
– Et tu as déjà regardé les formations Post Bac qui te permettent d’étudier pour le devenir ?
– Oui. Je vais rester au Corbusier je crois…
– Et pourquoi ne pas être allé tout de suite en voie professionnelle pour te former directement au métier que tu veux ?
– je ne sais pas, le général c’est mieux non ? »
— lycéen en première année STI AA

 

Avant un spectacle, je distribue des petites fiches aux spectateurs. Elle peuvent leur demander d’écrire une réplique qui les a émus ou bien de mesurer la douleur dans leurs mains après avoir applaudi. 

20h : À l’espace Gruber, l’ambiance n’est pas festive, plutôt concentrée et sérieuse. Je ne suis pas accueilli avec beaucoup d’intérêt, les gens paraissent embarrassés, plusieurs refusent de jouer mon petit jeu. Certains me disent qu’ils n’ont pas de stylos, heureusement j’ai tout prévu, mais alors ils trouvent une autre excuse et alors je les laisse tranquille. Je ne veux surtout pas déranger. Certains spectateur ne veulent surtout pas avoir à écrire quelque chose pendant une pièce, même si ma carte leur demande une toute petite croix sur une feuille. Je comprends parfaitement. On vient souvent au théâtre pour absorber un spectacle et le vivre entièrement, sans vouloir s’embêter de penser à une consigne donnée. Néanmoins certains s’intéressent à ma démarche et m’en demandent plus sur mes motivations, des jeunes souvent.

21h : Je pars pour le Maillon ou je trouve pas mal de personnes qui fument devant le théâtre. Ici personne ne refuse de participer et les gens sont plutôt amusés et détendus. Je distribue mes dernières cartes en essayant de varier un maximum le public. Seul critère commun apparent, ils vont au théâtre, et il fument. Le public à l’air plus jeune ici, et plus nombreux, mais je le dis encore, je n’ai vu qu’un petit échantillon de spectateurs.

 
J’ai hâte de récolter les fiches après les représentations. Mais quand même, ça m’a frustré de voir tous ces gens aller voir une pièce de théâtre, j’avais bien envie de rentrer moi aussi.
 

22h : Au TNS, quelques secondes après les applaudissements je récupère mes premiers papiers, les gens me reconnaissent et sont plus détendus je trouve. La personne chargée de l’accueil m’écrit meme une phrase qu’elle s’était efforcée de retenir par coeur lorsqu’elle avait vu le spectacle. Sauf que ! Sauf que seul une partie des gens sont sortis coté bar mais que le reste s’en est allé coté rue… J’ai donc manqué certaines personnes. Zut. J’ai quand meme récupéré 6 papiers, c’est à peine la moitié. Tant pis, allons tenter notre chance au maillon !

Une toute petite dame fouille dans son sac pour retrouver le stylo que je lui avait prêté. Un sac spécial, spécial théâtre ! Il contient deux coussins qu’elle met en dessous de ses toutes aussi petites fesses pour pouvoir  regarder le spectacle par dessus l’épaule du spectateur de devant.

23h : Coté Maillon, je m’attends à récolter plus de fiches mais surprise, seulement deux personnes viennent me rendre la leur. Ai-je encore raté une deuxième sortie cachée ? J’arrive à tester un deuxième outil avec un spectateur auquel je demande de me raconter la pièce et de me décrire les personnages à partir de formes géométrie que j’avais découpé auparavant.

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Le rond doré, c’est le personnage de la mère, une aristocrate déchue qui doit revendre son domaine, “La cerisaie”. Les deux rectangles sont ses enfants, qui sont pleins d’espoir. Et vient celui qui veut racheter le domaine. Il n’est pas méchant, c’est la forme rouge/brun.

Bilan :

Je sens que ces outils peuvent donner quelque chose d’intéressant mais je n’ai pas su les exploiter au mieux. Peut-être faut-il trouver une meilleure stratégie d’approche. Avec la matière obtenue je vais essayer d’améliorer ces outils.

 

De place en place

Après avoir passé la journée d’hier en territoire rural à (re)-découvrir le village de Natzwiller et ses habitants, le Labo Rural se disperse aujourd’hui en milieu urbain. 
Je voguerais dans Strasbourg, de place en place, tout au long de la journée avec pour objectif de faire imaginer aux passants leur place publique idéale en décrivant les usages qu’ils aimeraient y retrouver. 
 
L’outil propose à chacun de créer se place idéal à partir des actions qu’il souhaiterait y retrouver, une case vide central peut donc accueillir des modules colorés, chaque couleur est lié à un usage, une action. 
noir = s’exprimer, rose = se divertir, vert = (se) cultiver, orange = s’exprimer, bleu foncé = se rencontrer, bleu clair = se reposer, beige = observer, blanc = un usage que la personne a envie d’imaginer
 

 

De rencontre en rencontre

 
La place publique idéale de Barbara
” On doit pouvoir s’exprimer, dire ce qui ne va pas.”
“C’est avant tout un lieu pour se rencontrer. Il faut que ce soit animé.”
“Il pourrait y avoir beaucoup d’interventions artistiques et de la musique!”
 
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La place publique idéale de Halim
” C’est un espace de liberté”
“On doit pouvoir y apprendre, à tout âge”
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La place publique idéale de Christina
” C’est bien de pouvoir observer ce qui nous entoure, les gens qui passent mais surtout de l’architecture. Il doit y avoir des choses intéressantes à regarder”
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La place publique idéale de Chavy
” Il faut pouvoir se cultiver dans l’espace publique, y mettre de l’art, des tableaux.”
“C’est important de pouvoir s’y exprimer, de dire son mécontentement, d’y manifester”
“J’aimerais bien pouvoir m’y reposer, pourquoi pas mettre un matelas. Et aussi y manger comme ça on peut s’y rencontrer.”
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La place publique idéale de Jahbril
” Pour moi le plus important c’est de pouvoir s’exprimer. Par son art ou dire ses idées, il faudrait un grand mur pour pouvoir écrire et dessiner”
” Ca doit être un lieu neutre, paisible où on peut se rencontrer”
IMG_5465 Jahbril
 
La place publique idéale de Brice
” Le point central c’est l’observation, si il y a des choses à regarder à analyser on peut échanger tout autour” 
“Il faut pouvoir s’exprimer, faire un discours sur ce qui nous tient à coeur, pourquoi pas des scènes, comme en Angleterre où on a le droit de parler de tout sauf de la reine.”
“On doit pouvoir s’y divertir et se cultiver, pouvoir amener un livre ou pourquoi pas en trouver sur place.”
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La place publique idéale de Sausen
“A l’origine une place pour moi c’est fait pour s’exprimer.”
“Il faut du vide, la place c’est aussi le mouvement pouvoir se déplacer mais ne pas faire que passer.” “L’être humain c’est avant tout le mouvement.”
“Ça doit être un lieu ouvert, pas clos” 
“Un lieux vivant, un espace dans lequel on vit, avec des livres, des cafés, des gens de toutes les cultures qui se mélangent.”
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Bien arrivés à Tours après 9h de route en compagnie de Louis et Mickael, nos deux covoitureurs au top ! Les belles rencontres commencent bien avant notre rendez-vous au Point Haut! Nous sommes plus que chaleureusement accueillis par Flavie et Antoine qui nous laissent surfer à volonté sur leur canapé (nous espérons que vous comprendrez la référence !) Ils se présentent comme deux Hommes du terrain : elle éducatrice spécialisé, lui aide soignant. Nous leur avons parlé du DSAA in Situ Lab, une formation dont ils ne s’imaginaient pas l’existence. Une véritable alchimie s’est opérée, nous ne pouvons travailler l’un sans l’autre.
Nous allons maintenant nous coucher car demain nous participons à la Rencontre autour de la Permanence Architecturale au Point Haut à Saint Pierre des Corps avec notamment Patrick Bouchain et Marie Blanckaert comme intervenants.

À la Une : photomontage du designer graphique, Thibaut Chignaguet en collaboration avec le photographe monsieurj pour l’identité du Point Haut, 2015.

 

Natzwiller Vol.2

6 mois ont passés depuis notre première visite à Natzwiller. Reprenons notre bâton de pèlerin et rappelons quelques éléments. Natzwiller est un village de 600 habitants, situé dans la haute vallée de la Bruche à 50 km au sud ouest de Strasbourg. La Rothaine, petite rivière, chatouille les moustaches du village.

Aujourd’hui, jeudi 15 octobre, le “Labo Rural” s’est rendu à Natzwiller pour entamer un travail d’investigation. Afin bien comprendre le fonctionnement de la commune, les relations entre les habitants ainsi que leur(s) histoire(s), les lieux fréquentés, les initiatives locales (entre habitants et pour la communauté) (…) nous avons pris rendez-vous avec quelques locaux.

Munis non pas d’un bâton mais d’une grande carte du territoire nous avons discuté avec Jean-Pierre Schahl, un ouvrier à la retraite de l’ancienne usine plastique de Wildersbach (un village voisin). A vrai dire nous avons été intrigué par un petit panneau “Poterie” a l’entrée de sa maison, puis en entamant la discussion, Jean-Pierre nous a confié qu’il expose chez lui des pièces en céramique faites par sa fille (résidant à Strasbourg). Finalement, nous en sommes venu à parler de ses connaissances dans le village, des lieux qu’il fréquente et de ses activités, comme les repas du club des lundi !!

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Suite à cette halte inattendue, nous nous sommes rendu chez Pauline, une jeune maman habitant à Natzwiller depuis 2008 (ce qui est récent en comparaison de ses voisins). Adhérente de l’association tricot, et future présidente de l’association des parents d’élèves, elle est toujours bien occupée, et comme beaucoup de Natzwillerois, elle s’occupe de son jardin “dès que les enfants font la sieste”. Grâce à elle nous avons pu constater de l’énergie de son quartier. 

L’heure du repas approche, mais nous décidons de terminer la matinée en discutant avec Clarisse, la secrétaire de mairie. Très au fait de ce qu’il se passe dans le village, elle nous à parlé des différents point de rencontres. Cependant, elle n’habite plus à Natzwiller même, mais à la Broque, de ce fait elle ne partage plus autant la vie de quartier/village.

Il est temps de se restaurer !! L’auberge Metzger, qui nous a été vanté de nombreuse fois nous accueille. A notre grand étonnement, il y a plus de monde dans le restaurant que dans le village !! A la fin de notre (délicieux) repas nous discutons avec une employée de l’auberge, qui nous explique que quelques employés sont résidents du village, mais que la clientèle est surtout issues des entreprises locales voire de Strasbourg.

Avant d’aller à la rencontre de notre dernier rendez-vous de la journée, une petite balade dans le village nous a permis de mieux explorer le terrain de l’ancienne usine textile.

 

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Puis nous voici chez Materne Felder, natif de Natzwiller, et ouvrier à la retraite de l’usine textile. Très actif dans la commune, il apporte son aide facilement, pour réparer, bricoler (…) en plus de s’occuper de l’entretiens du terrain de foot. Visiblement passionné et fervent footballeur, il est très actif dans le fonctionnement de l’association sportive de Natzwiller. Enfin, nous avons visionné un film sur les évolutions de la production de textile dans la vallée de la Bruche.

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Cette journée n’est que l’amorce d’un long travail sur le terrain. Nous avons encore de nombreuse personnes à rencontrer, des tests à réaliser… Mais pour le moment, la suite de la semaine de l’innovation publique se déroulera dans Strasbourg, afin de questionner les Passants, usagers de lieux … à l’aide de nouveaux outils !!!

Aussitôt arrivé aussi tôt reparti, me voilà propulsé à 17h sur le CSC d’Elsau, quartier “en marge” de Strasbourg. J’y rencontre la directrice, Mme Schmitt, qui, entre deux “Bonjour” tendu aux habitants, me redirige vers Momo, responsable de l’accueil jeune. Il me fait visiter la spacieuse structure, et répond à mes multiples questions sur le fonctionnement et la place du SCS au sein du quartier. Les métaphores défilent, tantôt “poumon du quartier”, “ruche” où s’échangent de bons procédés entre associations et CSC).
“Une impression de faire plus ce qu’on devrait faire ?”, “Ah ça, … par exemple la prise en charge des demandeur d’emploi”.
“20 ans d’ancienneté ici, oui, les choses changent. Mais en attendant, on a toujours pas d’aide pour réparer l’isolation sonore”.

“Je reste fier du fait qu’on arrive à réconcilier des familles et à porter des jeunes dans la création d’entreprise”.

En sortant, je discute avec un habitant, “t’aurais pas une clope ?”, qui stationne devant le centre. “Il y a plus de travail ici, … Ah si, à la boulangerie, qui vient de fermer”. Le centre social culturel comme le dernier poumon ?