La culture maker est un mouvement basé sur l’idée du « faire pour apprendre ». Ici, au lieu d’être uniquement dans la théorie, on apprend en fabriquant, en testant, en expérimentant. On apprend de manière beaucoup plus active, où l’on devient acteur de ce que l’on crée. La culture Maker valorise la créativité, l’autonomie, le travail collaboratif, le droit à l’erreur et l’expérimentation. On conçoit un objet, on le teste, on se trompe, on améliore, et on recommence. Dans un collège cela permet aux élèves de mieux comprendre ce qu’ils apprennent, ils manipulent et découvre. Par exemple, au lieu de simplement voir une image d’un atome en SVT, les élèves peuvent en imprimer un en 3D. En histoire, ils peuvent reproduire des monuments ou des statues. Cela permet de rend l’apprentissage plus visuel, plus interactif et souvent plus motivant.
Dans le collège, le fablab a complétement sa place car il permet aux élèves de créer des objets concrets, de découvrir des technologies actuelles, de comprendre comment fonctionnent certaines machines qu’ils pourront peut-être utiliser plus tard dans leur vie professionnelle, de développer des compétences manuelles et techniques, de travailler en groupe sur des projets concrets.
Accompagner la responsabilité des élèves et les réglementation des machines par une signalétique participative
Notre groupe doit travailler sur l’aspect “Responsabilité” de “La charte officielle des fablabs”. Celle-ci comprend :
• Savoir travailler sans abimer les machines et sans mettre en danger les autres utilisateurs
• Laisser le lab plus propre que vous ne l’avez trouvé
• Assurer la maintenance, les réparations, la quantité de stock des matériaux, et reporter les incidents
Dans ce contexte, notre rôle en tant qu’étudiants intervenant au collège est d’améliorer la signalétique du fablab. Nous avons comme objectif de permettre aux élèves de mieux se repérer dans la salle, de comprendre où se trouvent les machines, le matériel, et quelles sont les règles à respecter. Un point essentiel de notre projet, ce n’est pas seulement d’améliorer la signalétique du fablab, mais d’y intégrer pleinement les élèves. L’idée n’est pas d’arriver et d’imposer une nouvelle organisation, mais plutôt de les impliquer dans le processus. Concrètement, on souhaite que ce soient eux qui participent à la création de la signalétique : concevoir les affichages, fabriquer certains éléments, réfléchir aux emplacements… Cela leur permettrait de s’approprier totalement l’espace. Le fablab ne serait plus simplement une salle équipée de machines, mais un lieu qu’ils ont contribué à construire et à améliorer.
Déroulé de notre conception :
A partir de références données par nos professeurs, nous avons analysé l’existant afin de comprendre les enjeux de notre consigne et donc de les retranscrire au mieux dans nos dispositifs. Nous avons notamment travaillé sur la signalétique des JO, par “cl design”, ou encore les concepts “Infos-Décisions” pour l’organisation. Après une longue phase d’idéation où nous avons également étudié la pédagogie par le jeu, le workshop, les signalétiques dans les bâtiments, les règles de sécurité internationales… nous avons pu rédiger un scénario clair et donc dessiner les premiers jets de ce qui fera notre projet final. Nous avons bien sûr profiter de la connaissance de l’équipe pédagogique et de la théorie/pratique des professeurs et agents techniques du collège, avec lesquels nous avons pu tenir une correspondance efficace et très utile. Leurs retours précieux nous ont permis de mieux percevoir les limites d’installations, mais aussi les non négociables quant aux règles de sécurité. Certaines de nos propositions ont été appréciées car elles rejoignent la volonté de l’équipe pédagogique de rendre autonome les élèves quant à l’utilisation et la sécurité des machines.
La deadline se rapprochant, nous sommes rapidement arrivés à la phase réalisation des dispositifs. Nous avons donc, comme le voulait notre kit, utilisé toutes sortes de machines pour constituer nos outils, nous permettant par la même occasion d’approfondir nos connaissances sur leur utilisation. Et en un clin d’oeil, nous étions au rendu des projets !
Mais avant ça, voici l’explication un peu plus détaillée de notre projet…
Notre projet :
Notre consigne étant de produire des dispositifs modulables par l’établissement et par les autres Fab-Labs, l’intégralité de notre projet peut être remit sous les fichiers AI et SVG, même si nous avons rendu tangible un kit pour notre partenaire.
Ce kit a 3 objectifs : Tout d’abord permettre l’appropriation par chaque Fab-Lab des fichiers et donc la personnalisation en fonction des besoins (c’est aussi l’occasion pour l’équipe de discuter des bases communes du Fab-Lab). Puis, la sensibilisation aux machines : en effet, presque tous les dispositifs nécessitent l’utilisation des outils telles que la laser, la découpe vinyle, la 3D… C’est donc l’occasion pour chacun d’appréhender les outils du Fab-Lab tout en ayant à la fin un projet final et complet qui sert dans le temps. Enfin, ce projet permet une façon plus réelle et concrète de se sensibiliser aux règles de sécurité, au travail de groupe, à la patience, à la prudence… C’est donc un outil servant tant dans sa réalisation que sa réelle fonction finale !
Choix graphiques :
Nous percevons le Fab-Lab comme un endroit de créativité, d’entraide, de vie. C’est pourquoi nous avons choisi pour notre charte graphique des couleurs vives constituant une palette technique et contrastée, comprenant un rose vif, un violet électrique et un bleu cyan/menthe. Les formes, organiques, arrondies, amènent un côté rassurant, cassent le côté scolaire et ennuyeux, et nous permettent de réinterpréter les formes classiques des panneaux, des epi, des pictogrammes… Nous avons également choisi 2 typographies pour nos textes, à savoir la COMBA pour les titres (créative, rebondissante) et la Krub Regular pour les contenus (lisible, + sage).
Consignes de sécurité :
Notre groupe s’est donc concentré en priorité sur l’aspect signalétique et sécurité du Fab-Lab. Pour cela, nous avons conceptualisé des panneaux relatifs à chaque machine révisant les consignes simples et logiques de sécurité. Le but à travers ces panneaux vise l’intégration de ces vérifications, conseils par l’élève lors de chaque usage de la machine (toujours supervisée par un professeur), ils ont donc été reformulés pour convenir à une approche moins restrictive et punitive. Les socles supportant les panneaux se glissent en dessous de chaque machine, faisant donc partie intégrante de ces dernières, afin que les consignes soient toujours à portée de vue de l’usager, et ne se délogent jamais de leur fonction.
Organisation :
Il nous paraissait également important d’entretenir la responsabilisation des élèves, ainsi que de cadrer l’organisation de la vie du Fab-Lab. Pour cela, nous avons conçu ce que nous avons renommé le “ Fab-Map”. Ce tableau de bois permet d’inclure toutes sortes de dispositifs cadrant un élément, une fonction du Fab-Lab. Les trous, par intervalles, permettent la suspension de tableaux sans altération du mur en crépi derrière. Nous avons proposé, après avoir discuté avec les professeurs, 2 types de dispositifs :
- Tableau référent(e)s machine : ce tableau permet de définir les personnes ayant été formées à une machine et donc, qui en sont les référentes lors de travaux de classe, ou du club. Les bonhommes en veleda sont personnalisables, et le nom de l’élève ou du professeur est à inscrire en dessous de la tête. On accroche ensuite son avatar en fonction de la machine dont nous sommes le référent, afin de signaler aux autres notre compétence. Cette pratique permet aux professeurs d’instruire des savoir-faire aux élèves et à ces derniers de participer activement à la dynamique du Fab-Lab, en étant responsables.
- Tableau d’organisation collective : ce tableau est un outil de dialogue permettant de prendre des décisions, de faire passer des informations, de poser des questions… Nous proposons une division en 2 parties de ce tableau : Infos-Décisions. La côté gauche permet d’inscrire une donnée et de la faire savoir. Cela peut être : une demande, une suggestion, un compliment, une absence, un sujet de débat… que l’équipe pédagogique est tenue de traiter le plus rapidement possible. Le côté droit permet de faire part des décisions prises : le déplacement d’une machine, une nouvelle règle de sécurité, une nouvelle organisation… que tout le monde peut constater et enregistrer. Nous proposons un code couleur permettant de distinguer élèves, professeurs/guides et personnel de l’établissement (3 couleurs de feutres distinctes en fonction de son statut). Cette proposition d’organisation peut être interprétée selon les besoins évidemment.
Ce Fab-Map fonctionne grâce à des trous pouvant accueillir des tourillons. Ainsi, l’espace est appropriable par l’établissement (les tableaux peuvent dépasser sur les bords si au moins la moitié est accrochée). Il est également possible de créer d’autres tableaux en fonction des besoins et envies, quelques idées pouvant être : un calendrier hebdomadaire avec réservation des machines, un dispositif pour gérer le stock, une photo du club… Tout est possible !
Maquette application :
Lorsque l’on emploie une machine, il peut arriver que nous rencontrons des difficultés ou des problèmes. On demande alors à une personne extérieure de nous aider à trouver la solution. Cet échange peut se répéter de nombreuses fois s’il n’est pas enregistré puis ranger quelque part… C’est de ce postulat que notre groupe est parti pour proposer cette fois-ci une maquette, non concrète, d’un concept de documentation. Faite sur Figma, un logiciel de maquettage d’application, elle met en avant l’idée que l’on puisse, via un support numérique, chercher si notre problème n’a pas été déjà rencontré par quelqu’un afin d’appliquer la solution qui y a été apportée. Voici un scénario d’usage : mon poste m’indique une erreur de profondeur alors que j’utilise la découpe laser. Je peux me connecter à la plateforme avec mon nom et mon prénom, et accéder à la rubrique “J’ai un problème”. En sélectionnant la machine et quelques mots clés, je m’aperçois qu’une fiche problème existe déjà, créée par un autre élève avant moi, et qu’un professeur y a répondu. Il a utilisé des captures d’écran, des croquis pour illustrer la solution. J’applique sa méthode et le problème est résolu ! Je peux alors signifier que ce problème a été rencontré une nouvelle fois afin qu’il soit mieux référencé dans l’accueil. Si mon problème n’a pas encore été rencontré ni été documenté, je peux moi même créer une fiche numérique où j’explique via captures d’écran et actions la situation, afin d’en informer les professeurs. Ces derniers seront tenus de répondre à l’entièreté des fiches questions à la fin de la semaine, afin de réactualiser la documentation. Une rubrique spéciale professeur est également disponible sur la plateforme : elle permet aux enseignants de rentrer une fiche “projet”, une idée qu’ils aimeraient réaliser, avec les spécificités adéquates (nombres de participants, description de l’idée, machine à utiliser, durée du projet…). Ainsi, le club peut prendre contact avec ces professeurs pour discuter de la réalisation.
Documentation visuelle :
Cette dernière partie de notre proposition est à l’état de simple idée. Nous nous contentons de simplement soumettre le concept tel quel : durant notre discussion avec l’équipe pédagogique, il a été mentionné vouloir afficher, mettre en avant les projets déjà finis pour exposer les réussites et l’évolution du Fab-Lab, idée de nous aimions pour l’aspect motivateur que cela pourrait insuffler. Nous y voyons aussi un moyen de garder trace du processus de réalisation, des potentielles aventures qui y sont liées… et avons donc commencé à réfléchir à un système de territoire, qui s’agrandit et gagne du terrain grâce à l’implication des élèves. Ce jeu évolutif propose qu’à la fin de chaque projet, une tuile plus ou moins grande en fonction de certains critères soit ajoutée au territoire du Fab Lab. Fabriquée elle-même avec les machines, elle permet de résumer le projet (qui (photo du groupe), quoi (croquis, photo, échantillon du résultat, quand, ce qu’on y a appris, une anecdote marquante… et quoi que ce soit d’autre qui vous plaît finalement). Il pourrait y avoir un code-couleur, désignant quelle machine a été utilisée, un code-forme, indiquant la difficulté du projet…
Mais nous avons laissé la tâche documentation à nos chers collègues, qui ont fourni un travail précis et complet dont voici le lien :
Vous pouvez également découvrir la partie “Education”, toute aussi bien exécutée, en cliquant ici :
Rendu de projet :
Nous avons pu restituer nos propositions face à l’équipe pédagogique en charge du projet, la directrice ainsi que l’agent technique. Tous ont su voir la qualité et l’investissement dans nos propositions mais leur découverte a tout de même fait émané certaines questions/remarques. Nous avons pu en discuter en long et en large avec eux, et avec quelques professeurs curieux de voir ce que nous avions produit (répondre aux questions d’usage, de concept ou d’évolution des dispositifs, expliquer plus en détail les bonnes pratiques que nous avons essayé de véhiculer, encourager les professeurs à s’approprier les outils afin qu’ils servent leurs envies pédagogiques…). Ce fut également l’occasion de “prêcher notre paroisse”, encore peu connue, à un univers scolaire où le domaine technique est trop souvent rattaché à la masculinité, malgré les mesures et les précautions mises en place… Peut-être réinterviendrons-nous bientôt dans les collèges afin de promouvoir la formation, ses valeurs et ses atouts !
Nous remercions,
La Maison de la Science de Strasbourg pour nous avoir confié le projet Fablabulous et porté par Geoffrey Le Tocquet,
le collège international de l’Esplanade de nous avoir accueilli et l’équipe pédagogique pour l’accompagnement dans ce beau projet. Nous sommes plus que satisfaits de la finalité de notre démarche et espérons que les outils mis à disposition des collèges sauront être utiles !
Eline, Sarah, Diane, Léo