Cartographies sensibles / Clémence

Cartographies sensibles

LA PAGE

assemblage typographique informatique

La page comme je la conçois est un espace de composition de visuels et de textes. Par cette cartographie j’ai choisi de montrer les différents espaces qui la composent.

Ces espaces sont délimités par la place que prend leur nom. A chacun de ses espaces est aussi associé une couleur. Il me semble pertinent d’utiliser des mots pour délimites les espaces car c’est que l’on utilise (en autres) pour remplir une page. Ma composition terminée, j’ai transformé mon visuel en négatif, la rendant plus dynamique et inattendue. Pourquoi la page devrait elle être blanche puisqu’elle n’est au final pas une surface (comme le serait une feuille de papier) mais un espace ?

 

LE LIT

monotype

 

 

 

 

 

La particularité de mon lit c’est qu’il est toujours dérangé. Draps froissés, couverture défaite souvent roulée en boule, vêtements (ou même des objets) qui traînent, coussins à droite à gauche … C’est ainsi que j’ai choisi de cartographier mon lit.

Afin de laisser apparaître les différents éléments qui se superposent j’ai utilisé la technique du monotype. A chaque type d’éléments j’ai associé une couleur et une texture.

LA CHAMBRE

tissage

Ma chambre c’est aussi mon appartement, c’est 9m². Toute en longueur, beaucoup d’affaires et quelques meubles, il reste peu d’endroits qui me permettent de faire de larges mouvements. De manière générale je porte peu d’attention à la place que je prends dans l’espace, je bouge sans me soucier de la limite de mon environnement. Il m’arrive donc très régulièrement de me cogner le bras, le pied, le coude, la jambe, les orteils ou la tête un peu partout, un peu tout le temps. Pour ma cartographie j’ai donc représenté tous les endroits de ma chambre où je me suis déjà cognée. Les étiquettes de légende permettent d’identifier les différents éléments de l’espace et de les visualiser en volume grâce au dessin sur le verso.

 

LA MAISON

gif animé d’une perspective axonométrique

Ma maison, du moins celle de mes parents, est un endroit que je partage avec ma famille : mes deux parents et mes quatre sœurs. Cette maison j’y ai passé de nombreuses années de ma vie. Chaque espace a sa fonction (ou ses fonctions). Georges Perrec en arrivait au constat que dans un appartement (ou une maison), il n’existe pas une pièce qui ne sert à rien (Georges Perrec, Espèce d’espace, p47). Et si chaque pièce trouve une fonction, elles pourraient toutes être regroupées dans des catégories plus générales. Ces catégories, j’ai choisi de les axer selon les rapports entre individus, parce que cette maison c’est un espace dans lequel j’ai été très peu seule, le temps d’un week-end ou d’une soirée tout au plus.

 

L’IMMEUBLE

crayon de papier

Le bâtiment dans lequel j’habite est un immeuble de résidence universitaire. Toutes les chambres sont agencées de la même façon, de même pour les douches, les cuisines, les toilettes et les étages dans leur ensemble. La seule manière de s’approprier cet espace se résume à ce que l’on peut ranger et apporter dans son 9m² (dans des étagères identiques, placées de la même manières dans toutes les chambres). La série, la répétition, la similitude sont ce qui font son identité.

En choisissant une vue en coupe, je peux montrer les différentes pièces (pas si différentes) que regroupe le bâtiment et leur assemblage. Le dessin est identique pour chaque chambre, à l’exception du rideau plus ou moins tiré. L’étage comptant 19 petites chambres sur toute sa longueur elles s’assimilent d’autant plus à une série impersonnelle.

 

LA RUE

collage informatique

Ma rue est un espace que j’ai tellement parcouru en marchant, en courant, à vélo, en voiture, dans un sens et puis dans l’autre, que je connais par cœur chaque maison, chaque panneau, chaque portail. En regardant seulement mes pieds, je peux visualiser la maison à côté de laquelle je me trouve.

J’ai donc décidé pour ma cartographie de montrer cette vision d’ensemble que mon œil ne peut voir mais que mon esprit sait reconstituer. J’ai réalisé des captures d’écrans sur Google Maps tout au long de ma rue et sous plusieurs angles. Rassemblées les unes à la suite des autres, elles font apparaître la rue dans son entièreté. Le monochrome permet d’unifier les différentes photos en un seul collage harmonieux. La ligne jaune, elle, souligne et retrace la route.

 

LE QUARTIER

aquarelle et stylo

J’ai un aperçu peu détaillé de mon quartier car j’ai rarement pris le temps de m’y balader. J’ai alors représenté les lieux du quartiers dans lesquels je me suis déjà rendue ainsi que la ligne du tram, ligne que je prends régulièrement. A celà j’ai ajouté quelques rues qui permettent de replacer les différents lieux dans l’espace.

 

LA VILLE

vidéo after effect

Ma vision de la ville de Rennes se limite assez globalement aux lieux accessibles en transport en commun, particulièrement le métro puisqu’il s’agit du transport que j’utilise le plus. C’est pourquoi le déroulement de ma cartographie se base sur l’unique ligne de métro rennaise. Par ailleurs les lieux présentés sont des lieux en liens avec une pratique artistique (art contemporaine, théâtre …).

Ma vidéo reprend les codes de représentation utilisé dans le métro (ligne rouge, rond blanc entouré de noir) et fait apparaître le ligne progressivement, station après station, comme si nous nous trouvions dans une rame. En allumant le son, on peut se plonger davantage dans l’ambiance de la ville et écouter les voitures, les oiseaux, les éclats de voix

LA CAMPAGNE

couture

De la campagne ressort une certaine d’imperfection (des chemins pleins de cailloux, des routes sinueuses et pas très plates, des maisons modernes cotoyant des longères traditionnelles …), un environnement qui n’a pas su être totalement maîtrisé par l’homme et ou subsiste un part de naturel, d’imprévu. En cela la campagne s’oppose à la ville, ordonnée, calculée, des routes droites, des lignes de bus avec des trajets spécifiques, des bâtiments rectangulaires et industriels…

Dans cette cartographie j’ai donc décidé de détourner les codes des cartes routières (ligne rouges, jaunes…) en les interprétant avec du tissu et du fil. Mon but était de donner un côté plus matériel et plus proche de la nature à cette vision satellite de mon village. Le textile, sa matérialité et ses imperfections permettent de se rapprocher de quelque chose de plus connectés à la réalité que peut l’être une impression sur papier reproductible à l’infini. Ma vision de la campagne transparaît donc dans le choix des matériaux et de la technique mais s’appuie sur des codes largement connus.

 

LE PAYS

peinture et pyrogravure sur bois

Les déplacements que j’ai effectués en France sont liés soit à l’envie de découvrir une nouvelle région, soit à la présence de quelqu’un que je connais dans la région, famille ou amis.

 

L’EUROPE

encre, photographies, bois et fil de coton

Ma vision de l’Europe se limite aux pays que j’ai eu l’occasion de visiter. De mes voyages, la plupart des souvenirs que je garde sont les moments passés avec d’autres : amis ou famille. Les plus anciens sont souvent flous, je ne garde alors le souvenir que d’un ou deux moments, souvent ravivés par les photos. Dans ma carte j’ai décidé de cartographier des moments qui m’ont marquée lors de mes voyages et dont je garde souvenir par l’intermédiaire des photos notamment.

 

LE MONDE

tampons et collage

Les langues appartiennent à la culture de chaque pays. Il en existe tellement dans le monde qu’il serait sans doute impossible de toutes les cartographier. Cette carte représente les langues administratives des pays, à travers le mot “bonjour”, probablement le premier mot appris lors de l’apprentissage d’une langue.

 

L’ESPACE

mise en scène de dessins en infographie imprimés

La notion d’espace est un peu floue puisqu’on ne sait pas vraiment où elle s’arrête. J’ai choisi de limiter l’espace à notre système solaire, représentant alors les différents éléments que l’on peut y trouver.