Carnet de bord de Manon – SSA

 

 

Le journal de projet nous a servi à nous organiser tout au long de la conception. Il nous a permis de mieux répartir les tâches entre les membres du groupe, de comprendre ce que nous avions à faire, de suivre l’avancée du projet et de nous repérer dans les différentes étapes. Il a également été un outil pour prendre du recul, analyser nos tests et ajuster notre démarche au fur et à mesure.

Le but du projet était de créer un dispositif de parole dans l’espace public. Ce dispositif devait nous permettre de recueillir des réponses directement auprès des personnes interrogées, puis de les analyser. L’objectif était aussi d’observer la manière dont les gens réagissent à notre question et comment ils s’approprient notre dispositif.

 

Jour 1

Aujourd’hui, nous avons découvert différentes façons de créer une affiche et de communiquer visuellement. Nous avons appris plusieurs règles importantes, notamment comment organiser les informations et rendre une affiche lisible et attractive.

Ensuite, nous avons commencé à réfléchir à la thématique de notre projet. Trois axes étaient proposés : écologique, santé ou économique. Nous avons finalement choisi de nous orienter vers la santé et l’économie, en nous interrogeant sur le fait de manger sainement tout en tenant compte du prix et du plaisir.

Nous avons commencé à formuler une première question :
« Peut-on manger sainement et prendre du plaisir ? »

Puis nous l’avons modifiée en :
« Est-ce que le plaisir n’est que dans l’assiette ? »

Cependant, cette question ne fonctionnait pas bien, car elle entraînait des réponses trop fermées et peu développées.

Nous avons également imaginé une première structure pour le marché : une banderole tenue à la main, un étendoir pour accrocher les réponses avec des pinces à linge, et une table portée dans le dos pour permettre aux gens d’écrire leurs réponses.

9 mars                                             

Nous avons continué à travailler sur nos prototypes, notamment la table destinée à écrire les réponses. Nous avons remarqué qu’elle était trop haute, ce qui la rendait peu pratique.

Nous avons également testé notre question à la cantine. Les réponses récoltées n’étaient pas celles attendues : elles étaient trop vagues et s’éloignaient du thème de l’alimentation, alors que notre objectif était d’obtenir des réponses précises sur ce sujet. Ce test nous a montré que notre question devait être reformulée.

Nous avons donc réfléchi à une nouvelle formulation plus ciblée.

 

10 mars

Cette journée était centrée sur les matériaux et la structure du dispositif.

Nous avons réfléchi aux matériaux nécessaires : bois, corde, tissu, éléments de fixation et de décoration. Nous avons aussi décidé de modifier complètement notre installation. La banderole n’était pas pratique à tenir et devenait fatigante.

Nous avons donc imaginé une nouvelle structure :

  • un drapeau avec la question,
  • une échelle pour accrocher les réponses,
  • la suppression de l’étendoir.

De mon côté, j’ai conçu une table sur un logiciel en ligne, puis je l’ai préparée pour une découpe laser afin de faciliter son assemblage.

 

16 mars

Je suis allé à la découpe laser pour fabriquer la table. Après l’assemblage, elle avait la forme d’une boîte.

Je me suis ensuite interrogé sur son positionnement : fallait-il la placer derrière ou devant ? J’ai finalement choisi de la mettre devant pour faciliter l’échange avec les participants au moment où ils écrivent leurs réponses.

J’ai également commencé à réfléchir à un système pour porter cette table comme un sac à dos.

 

17 mars

J’ai poursuivi le travail sur la boîte. J’ai réfléchi aux matériaux nécessaires pour la fixer au corps : sangles, vis et colle à bois.

J’ai aussi amélioré sa solidité et son aspect esthétique afin qu’elle soit plus fonctionnelle et plus agréable à utiliser.

 

23 mars

J’ai cousu les sangles pour créer des bretelles et les ai fixées à la boîte. J’ai ajouté un système de pinces pour maintenir les feuilles de réponses.

J’ai également préparé les papiers que les participants utiliseraient pour répondre.

Ce jour-là, nous avons testé une nouvelle fois le dispositif à la cantine. Le test a encore montré des limites : la question n’était pas assez précise et les réponses manquaient de sérieux et de profondeur. Cela a confirmé la nécessité de modifier encore notre problématique.

 

24 mars

La boîte était enfin prête et fonctionnelle. Nous avons validé notre question finale :

« Comment prendre du plaisir dans l’assiette ? »

Nous avons finalisé l’ensemble du dispositif : structure, organisation et matériel.

 

28 mars – Enquête au marché

Nous sommes allés au marché pour réaliser notre enquête. Cette fois, le dispositif a très bien fonctionné. Il était visible, attractif et incitait les passants à participer. Les personnes n’avaient pas de difficulté à comprendre le principe et interagissaient facilement avec nous.

Les réponses étaient très variées et intéressantes. Nous avons réussi à toucher tous les publics : enfants, adultes et personnes âgées. Certaines discussions se sont même transformées en véritables échanges autour de l’alimentation et du plaisir de manger.

Nous avons pu identifier plusieurs grandes catégories de réponses :

  • Le plaisir lié à la gourmandise et au plaisir immédiat : manger gras, manger un plat consistant, des choses “bonnes” et réconfortantes.
  • Le plaisir lié à l’émotion et au partage : manger un plat fait avec amour, ou manger avec de bonnes personnes.
  • Le plaisir lié à la qualité des produits : manger des produits locaux, frais ou biologiques.
  • Le plaisir lié au contexte social et à l’entourage : l’importance de la famille, des amis, et du moment partagé.

Ces différentes catégories montrent que le plaisir dans l’assiette ne dépend pas seulement de la nourriture elle-même, mais aussi de l’environnement, des émotions et des relations sociales.

Cette dernière étape a été une réussite : nous avons réussi à récolter des réponses riches, diverses et exploitables pour notre analyse.