Exposition – Synthèse projet

Mon projet de recherche a commencé lors de mon stage de deuxième année au Gem Ludica, une association qui propose des activités adaptées et ludiques pour les personnes ayant des lésions cérébrales dues à un AVC ou à un traumatisme crânien, par exemple. Lors de ce stage et à l’aide de mes enquêtes de terrain, j’ai pu remarquer que certains adhérents ne faisaient pas beaucoup de rencontres en dehors du Gem ou de leur famille.
Je me suis alors demandé : comment le design social peut-il rendre visibles les expériences des personnes cérébrolésées et faciliter la création de liens sociaux ?

Mon hypothèse est la suivante : je pense que le design, en outillant une expérience dans un espace nouveau, peut favoriser des rencontres conviviales entre personnes cérébrolésées et personnes valides, et contribuer à leur visibilité dans l’espace social.

Le but de mon projet est d’outiller les personnes ayant des lésions cérébrales pour qu’elles se sentent plus légitimes et à l’aise à l’idée de faire des rencontres. Pour cela, j’ai réalisé différentes expérimentations :
• récolter les souvenirs de rencontre
• aller vers les usagers
• faire venir les usagers.

Les trois expérimentations sont tester avec un groupe de personnes du Gem Ludica de Illkirch-Graffenstaden.

 

Premier test : Récolter les souvenirs de rencontre

Pour commencer à explorer cette hypothèse, il m’a semblé essentiel de réaliser un état des lieux des rencontres que les adhérents du GEM Ludica font au quotidien.

Pour cela, j’ai conçu un protocole photographique. L’objectif est que les participants emportent ce protocole avec eux, à leur domicile ou dans les différents lieux qu’ils fréquentent régulièrement, afin de répertorier les personnes qu’ils rencontrent dans leur vie quotidienne. Concrètement, lorsqu’une rencontre leur paraît significative, ils prennent une photo de la personne concernée et complètent ensemble une carte décrivant cette rencontre.

Dans un second temps, un travail de valorisation est réalisé à partir de ces éléments. Les photographies sont retravaillées afin de créer des affiches, permettant de conserver une trace et un souvenir de ces rencontres. Chaque participant choisit alors une couleur de fond représentant ce que la personne photographiée évoque pour lui, ainsi qu’un filtre illustrant le lieu de la rencontre. Enfin, il complète l’affiche en y ajoutant la photographie, le souvenir associé et différents stickers personnalisés.

Cette expérimentation a permis de mettre en évidence que les adhérents côtoient principalement des connaissances, des amis et des membres de leur famille.

       

 

Recherche graphique

Pour cette expérimentation, j’ai fait des recherches graphiques pour essayer de représenter les différents lieux de rencontre. Ces lieux ont été traduits de manière abstraite afin d’en restituer les caractéristiques et les sensations associées. Par exemple, le GEM a été représenté à travers une forme qui évoque un foyer, qui représente le fait d’être ensemble et de partager un espace commun. Les lieux de loisirs ont quant à eux été associés à des formes dynamiques, qui suggèrent le mouvement. Ces éléments graphiques ont  été utilisé sur l’ensemble du projet, notamment au sein de la deuxième expérimentation intitulée Rencontres en bal(l)ade.

 

Deuxième test : Aller vers les usagers

Cette seconde expérimentation repose sur la conception d’un outil de médiation destiné à faciliter et amorcer les échanges avec des inconnus lors de promenades. Cet outil s’appuie sur la musique, le souvenir et la rencontre comme supports de discussion. Il vise également à rendre plus visibles les personnes vivant avec des lésions cérébrales en favorisant leur présence et leur participation dans l’espace public.

Le principe consiste à aller à la rencontre des personnes croisées au cours d’une balade et à leur demander quelle est leur musique préférée. La musique est ensuite écoutée ensemble, pendant que la fiche est complétée en duo avec différentes informations (le titre du morceau, l’artiste) mais aussi des informations plus personnels comme un slogan associé à cette rencontre. J’ai remarqué que les information à complété comme le slogan,  la représentation de la musique à l’aide de stickers, encourage les personnes à échanger et se mettre d’accord. A la fin de l’activité les ressenti des participants sont pris en compte pour voir si il est plus facile pour eux d’aborder les nouvelles personnes à l’aide d’un outil de médiation.

 

D’après les retour obtenu que l’on peut voir sur se graphique, les personnes semble plus à l’aise d’aller vers les autre en utilisant un outil. Les participants ont aussi soulevé d’autres facteurs qui rentre aussi en jeu comme le fait d’être à plusieurs ou bien que l’activité soit encadrée.

 

Troisième test : faire venir les usagers

Enfin, il semblait pertinent d’impliquer également des personnes extérieures au GEM en créant un espace favorisant la rencontre et l’échange. C’est avec cette idée qu’a été conçue la troisième expérimentation : une exposition interactive autour des rencontres et des souvenirs.

Cette expérimentation vise à rendre visibles le travail mené tout au long du projet avec les adhérents ainsi qu’à conserver une trace. L’exposition rassemble les explications de la démarche, le travail réalisé autour des photographies et des rencontres, ainsi qu’un panneau participatif permettant aux visiteurs de participer à l’exposition. Elle constitue également une occasion de favoriser les échanges entre les adhérents du GEM de Haguenau et ceux du GEM d’Illkirch.

L’observation de cette exposition a permis de constater une bonne compréhension du projet par les participants. Ceux-ci étaient en mesure de présenter la démarche et d’expliquer le travail réalisé aux visiteurs et aux différents groupes présents. Les échanges entre les participants ont aussi été plus nombreux et spontanés, comme l’illustre le graphique.

Par ailleurs, plusieurs situations d’entraide ont pu être observées, notamment lorsque certains adhérents accompagnaient des visiteurs rencontrant des difficultés avec l’écriture ou la compréhension des consignes. Ces interactions témoignent d’une réelle appropriation de l’exposition et des différents dispositifs mis en place.

Par la suite, cette expérimentation a été complété par un support de médiation modulable permettant de présenter l’exposition. Ce support à été pensé pour être adaptable et ainsi pouvoir présenter différentes choses. Il est composer d’un support avec poutre, de tiges en bois, d’une grille, d’un toile et de crochets. Pour l’adapter, il suffit d’insérer les tiges en bois là où on le désir.

     

Ce support de médiation est ensuite donner à l’association, accompagné de l’expérimentation Rencontres en bal(l)ade et d’un mode d’emploi.

 

 

Conclusion

Ainsi l’hypothèse à été partiellement vérifiée. Ma démarche en design social a permis de réaliser des outils et des expériences qui ont favoriser des rencontres conviviales, provoquer des moments d’échanges, de souvenir et de dialogue, tout en permettant de rendre visible les personnes cérébro-lésées. Néanmoins je n’ai pas pû emmener le public dans un espace nouveau en raison de problème de logistique et d’emploi du temps. Ce projet a aussi permis de proposer et de montrer aux animateurs et membres de l’association qu’il existe d’autres outils et activités et ainsi permettre d’innover dans leurs propositions d’activités au sein du GEM.