Générique

Depuis longtemps, j’aime le cinéma. Pour cette année de diplôme, j’ai choisi de travailler sur ce sujet. J’aurais pu choisir de parler des différents genres de cinéma, de travailler sur la valorisation de certains d’entre eux, etc.
Mais j’ai choisi de m’intéresser à la création du film en lui-même !
Comment faire réaliser des films à des personnes qui ne font pas partie du circuit professionnel ? Comment transmettre une pratique du cinéma aux amateurs et comment outiller cette transmission ? À cette première réflexion, s’en sont ajoutées deux autres.
Comment faire du cinéma avec ce que nous avons, avec ce que j’appelle « les moyens du bord »? Ces moyens ne sont plus les mêmes qu’au début du cinéma, car aujourd’hui nous avons quasiment tous des caméras HD sur nos smartphones et des ordinateurs pour retravailler les films.
Et surtout, je me suis demandée, pourquoi encourager à la réalisation de films, finalement ?
Contrairement à ce que dit Duhamel, le cinéma n’est pas uniquement un divertissement. Walter Benjamin le définit même comme une forme d’art politique par essence. C’est ainsi que j’ai choisi de proposer de faire un cinéma qui a une portée politique, un cinéma militant qui donne les moyens de s’exprimer à des personnes engagées, qui défendent et luttent pour une cause.
Je souhaite proposer à ces amateurs militants de porter leur voix et leur cause à travers l’acte de création qu’est la réalisation de films ou de vidéos. D’où la naissance du projet « Caméra aux poings » et de ma problématique : Comment transmettre une pratique du cinéma en direction des amateurs pour réaliser des films militants avec les moyens du bord ?
Et voir comment, en tant que designer graphique, je peux outiller cette transmission et créer des outils de collaboration pour porter ensemble un discours militant. Je souhaite proposer des cycles d’ateliers mais aussi une plateforme avec des tutoriels collaboratifs, une salle cinéma virtuelle et un espace d’échange entre des amateurs et des militants de tous horizons.
Pour cela, en plus des expérimentations en périscolaire dans différents quartiers de Strasbourg, j’ai choisi de m’ancrer à la Station, dont j’ai déjà pu rencontrer des bénévoles et la présidente. J’y ai effectué un stage en février afin de mieux connaître le lieu et leurs visions du militantisme.
En janvier 2019, j’ai l’opportunité de poursuivre mon projet avec les jeunes citoyens de la Maison du Jeune Citoyen de Schiltigheim, une commune proche de Strasbourg, des jeunes pas forcément « militants », mais plus ou moins engagés pour la citoyenneté.
Extrait du Prologue.

 


suite…