Projet

Mon mémoire portait sur l’intégration sociale des jeunes en situation de handicap, j’ai donc été confrontée à de nombreuses questions à ce sujet et il me fallait trouver un partenaire pour engager un projet le plus en accord possible avec des besoins existants. Après avoir été en contact avec 2 ULIS au lycée, j’ai été redirigée vers un ULIS au collège, plus en accord avec mes souhaits et mes premières idées de projet. J’ai donc implanté mon projet au sein de l’ULIS (Unité locale d’inclusion scolaire) du collège Nelson Mandela d’Illkirch-Graffenstaden. J’ai réfléchi à différentes manières de créer du lien entre de jeunes collégiens qui ne sont pas toujours agréables entre eux et j’ai opté pour le jeu de société coopératif, qui est une sorte de jeu de société ou tous les joueurs ont un but commun et doivent coopérer pour l’atteindre. Soit ils gagnent tous ensemble, soit ils perdent tous ensemble. 

Pourquoi le jeu de société ? 

Le jeu est, de manière générale, un moment de convivialité que la plupart des gens apprécient, quel que soit leur âge. Les collégiens ont entre 10/11 et 15/16 ans, un âge où ils ne sont pas encore tout à fait adolescents, mais plus tout à fait des enfants et où le jeu de société est encore très présent dans leurs temps libres s’il n’est pas remplacé par le jeu vidéo. 

C’est donc à l’issue d’ateliers hebdomadaires que j’ai créés, avec et pour les élèves de l’ULIS, un jeu de société coopératif, qui développe la confiance en soi et permet de créer un lien convivial voir amical entre les élèves en ULIS et les autres élèves de leurs classes respectives, qui ne le sont pas. 

Je vais donc vous présenter les différents ateliers que j’ai effectués chaque semaine. Chaque atelier est baptisé d’un verbe d’action.

 

Rencontrer

C’était la première fois que je venais à la rencontre des élèves de l’ULIS et il me semblait important d’apprendre à tous les connaître et qu’eux apprennent à me connaître aussi. Pour cela, j’ai imaginé un kit de création d’affiches sur l’identité. Chacun devait tamponner son prénom et au choix, des prémisses d’éléments auxquels ils avaient envie de répondre. (comme je pense…, j’aime…) Ils ont dû, par la suite, remplir cette affiche avec les réponses qui leur correspondait. Cet atelier m’a permis d’avoir un aperçu de leur personnalité, leurs goûts et leurs difficultés. 

Il était parfois difficile pour les élèves de trouver ce qu’ils voulaient répondre dans chaque case de cette affiche, mais ils ont finalement été plutôt imaginatifs. 

 

Décrypter

Étant donné que mon projet final est de créer un jeu coopératif, il m’a paru indispensable qu’ils comprennent comment fonctionne ce type de jeu. Lors de cet atelier, on a donc joué à deux jeux coopératifs et à la fin de chaque jeu, je les ai questionnés sur ce qui constituait le jeu, à l’aide d’une fiche, ils se sont donc posé des questions sur le matériel utilisé, le but du jeu, les compétences requises pour arriver au but, les rôles et comportements des joueurs pour arriver au but, les gagnants et les perdants. Ils se sont rendu compte à l’issue de ces deux jeux que les joueurs n’étaient jamais rivaux, mais doivent coopérer. Il ont également dû, pour chaque jeu, évaluer la difficulté du jeu et la manière dont ils l’ont apprécié, pour que je puisse avoir un aperçu. 

Je me suis plus rendu compte de leurs difficultés respectives et du type de jeu que j’allais pouvoir leur faire créer. 

 

Imaginer et développer

 

Maintenant qu’ils ont compris le principe d’un jeu coopératif, il faut commencer à réfléchir à leur jeu. Pour cet atelier, ils disposaient d’un petit carnet par personne où ils ont dû imaginer ce que pourrait être leur jeu. Ils ont donc pensé à un univers pour leur jeu, en pensant à des couleurs, des personnages et des lieux. Ils devaient ensuite choisir un objectif de jeu en choisissant un verbe d’action entre “créer”, “construire” et “faire grandir” et en complétant ce verbe d’action et ont dû réfléchir aux différentes étapes pour arriver à leur objectif. Pour terminer, une fois que leurs choix furent développés, ils ont dû trouver un nom pour leur jeu.

Cet atelier a été plutôt compliqué. Je pense qu’en leur donnant plus de pistes et/ou de contraintes ils auraient pensé à des univers plus distincts. J’aurais par exemple pu leur imposer des périodes de l’histoire (moyen âge, dinosaure, etc.) ,des personnages (un écureuil, un médecin, un élève, etc.) ou quelque chose de plus abstrait comme des qualités ou des liens entre des personnes (gentillesse, générosité ou amitié, amour, etc.). 

 

Fabriquer 

Maintenant qu’ils ont chacun penser à un univers de jeu, il est temps de commencer à le fabriquer. Grâce à l’atelier précédent, j’ai pu sélectionner des d’éléments graphiques correspondants à leur univers. Ils ont dû fabriquer des éléments des premières cartes de leur univers de jeu respectif. Pour cela, ils ont eu à disposition, des feuilles de couleur et ont dû constituer leurs décors en découpant et en collant les papiers. Ils avaient à disposition une feuille A4 quadrillée pour servir de gabarit et d’une tablette lumineuse pour copier leurs dessins de la semaine précédente. 

Lors de cet atelier, ils n’ont pas toujours respecté les contraintes que je leur ai données, mais ont tout de même réussi à réaliser quelque chose, chacun a son rythme. 

 

Fabriquer

Après une semaine de battement, où j’ai été malade et où j’ai donc perdu du temps, j’ai dû réagir et faire des choix je ne leur ai donc pas fait faire tout ce que j’avais prévu. 

Lors de cet atelier, ils avaient à leur disposition des formes en bois, une structure pour pouvoir prendre des photos et un plateau/cadre. Avec ceci, ils ont dû former des lettres et des chiffres qui vont servir au graphisme de leur jeu, principalement pour les titrages. 

 

Jouer

Une fois que tous les éléments sont prêts, c’est le moment de jouer, grâce à un prototype du jeu, les élèves de l’ULIS ont pu jouer à leur jeu. Ils et elles ont pu voir ce qui fonctionnait et ce qui fonctionnait moins, cet atelier était nécessaire pour remettre en question le jeu afin de l’améliorer.

J’ai donc repéré des modifications à faire, comme le placement des chiffres et la transparence des cartes.

Lors de ce dernier atelier, il fallait également que l’on trouve un nom pour ce jeu. J’ai été surprise car, je leur avais dit la semaine précédente, qu’il fallait un nom pour leur jeu et c’est de leur propre initiative, avec leur propre protocole qu’ils ont trouvé un nom pour ce jeu. Pour cela, ils ont écrit leurs 5 prénoms et les ont découpés par syllabes. Nadège à placer des numéros au hasard devant chaque prénom découpé et ils ont donc tous ensemble placer une syllabe de chaque prénom pour créer le nom du jeu. Il s’agit de Chalyréchlona (Chahine, Elyka, Aurélie, Chloé, Nadège.) leurs 5 identités sont donc ancrées dans ce projet de co-création et ce jusqu’au nom du jeu.

 

Conclusion

Ces ateliers ont permis d’aboutir à un jeu de société coopératif qui, je l’espère, a permis aux élèves de l’ULIS de prendre confiance en eux. C’est ce que j’ai pu observer dans les yeux des élèves lorsque je leur ai apporter le prototype du jeu.

Ce jeu pourrait être présenté lors de la rentrée scolaire de septembre 2022, dans un contexte favorable à la rencontre, qui peut être au sein des différentes classes des élèves de l’ULIS, au sein du CDI ou encore au foyer des élèves, ces trois possibilités se valent mais n’apporte pas forcément la même dynamique de groupe, dans certains cas, on va être sur une entente au sein d’une classe dans d’autres, cela pourrait permettre de découvrir d’autre élèves qui ne font pas forcément partie de la même classe. Il y a différentes possibilités.  J’aimerais que chaque élève présente le jeu selon le contexte dans lequel il se trouve, en expliquant tout ce qu’ils ont fait pour y aboutir. Et par la suite, tout les élèves joueront ensemble pour un but commun, gagner en communiquant les uns avec les autres. Cela permettra probablement de créer au minimum un moment de convivialité et au mieux un lien amical entre tous les élèves.