Quelles représentations de la contestation.

L’histoire est jalonnée de périodes de luttes contre des pouvoirs, de mouvements d’insurrection, de mouvements contestataires, de rébellions, de soulèvements populaires… Et ce partout dans le monde !
En feuilletant les livres d’Histoire, nous constatons qu’il y a eu, et qu’il y a encore, des mouvements contestataires aussi en bien en Occident qu’en Orient. Les artistes ont pris part à ces mouvements. Ils en ont été les acteurs, ils en ont été les témoins, ils en ont été les iconographes. Mais il n’y a pas eu que des « artistes ». Ces contestations ont aussi été capturées ou représentées par des anonymes.
Ainsi, nous pouvons voir au cours de l’Histoire des arts, différentes représentations de la contestation. Iconisée par un leader, faisant la part belle à la foule, symbolisée par un signe, comme le poing levé, ou une allégorie, la contestation est protéiforme. Mais il n’y a pas que des représentations grandiloquentes de la contestation. Elle peut être plus poétique, plus humble, à l’échelle d’un individu anonyme plutôt que d’un groupe. Elle est aussi représentée dans sa chute, dans la violence de sa répression.
Dans cette exposition, nous allons faire un tour d’horizon de représentations emblématiques de la contestation. Nous pourrons apercevoir des fragments d’histoire à travers ces œuvres.

 

Les ouvriers et les étudiants sont les acteurs principaux d’un des plus grand mouvement de grève et de manifestation français : mai 68. C’est durant cette période de remise en question de l’autorité que les étudiants des Beaux Arts de Paris, sous l’impulsion d’élèves en architecture, instaurent un comité de grève. Ainsi, L’Atelier Populaire produit quantité d’affiches pour soutenir le mouvement social général. Ces affiches ont ensuite été placardées dans tout Paris, elles sont le support des slogans des soixante-huitards.
La contestation est représentée par des motifs récurrents qui rappellent la lutte et la manifestation, ainsi que l’expression de la colère, contre le gouvernement de De Gaulle. On retrouve le symbole du poing ou de la main levée. Aussi bien signe de lutte au sens guerrier, il s’agit aussi d’un signe pour revendiquer son droit à la parole : lever la main pour être entendu. La figure du pouvoir, comme le CRS, symbole de l’autorité et de la répression, est tournée en ridicule pour appuyer la contestation. Les différentes affiches sont toutes accompagnées de textes, de slogans. L’image comme la typographie est artisanale, brutale, faite instinctivement, dans l’urgence. Cette spontanéité peut-être rattachée à la contestation populaire, souvent très brève. Nous retrouvons ce sentiment d’urgence dans les techniques et les matériaux utilisés : on fait vite et beaucoup avec la sérigraphie. Nous retrouvons aussi l’idée d’étendre la contestation à une nation par la multiplicité des affiches et la création d’autres canaux médiatiques.

 

   
Atelier Populaire de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, La police s’affiche aux Beaux Arts, mai 1968, Sérigraphie couleur, 80 x 60 cm., Bibliothèque nationale de France, Paris.
Atelier Populaire de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Nous irons jusqu’au bout, mai 1968, Sérigraphie couleur, 81 x 62 cm., Bibliothèque nationale de France, Paris.
   
Atelier Populaire de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Notre Lutte continue, mai 1968, Sérigraphie couleur, 55 x 44 cm., Bibliothèque nationale de France, Paris.
Atelier Populaire de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts, La Lutte Continue, mai 1968, Sérigraphie couleur, 56,20 x 36 cm., Musée Carnavalet – Histoire, Paris.

 

Comme en Europe, les années 60 et 70 marquent une période importante pour les mouvements de contre-cultures et sociaux en Amérique du nord. Entre la culture Hippie, le psychédélisme, les mouvements anti-guerre du Vietnam ou encore les mouvements contre la ségrégation raciale, cette époque a été le théâtre de multiples formes de contestation, qu’elle soit politique ou artistique. C’est dans cette effervescence que se forme le Black Panther Party, mouvement révolutionnaire de libération afro-américain. Ce mouvement est devenu iconique. Pour cela, les Blacks Panthers ont développé une esthétique particulière en se créant d’abord un logo, une identité visuelle, et en utilisant un nom évocateur : en renvoyant à un prédateur, en induisant un rapport de force symbolique entre les contestataires et le pouvoir qu’ils combattent. Ils portent une tenue spécifique, un uniforme de révolutionnaire composé d’un béret noir et d’une veste en cuir noire, cette tenue renvoie à un imaginaire militaire qui appuie le militantisme du mouvement. L’une des représentations les plus iconique des Blacks Panthers est cette photographie prise sous la cour de justice de New York par David Feton. Les membres du mouvement sont mis en scène, alignés, sous la citation d’Abraham Lincoln, « L’ultime justice du peuple« , brandissant le poing devant l’objectif. Le photographe leur donne aussi une importance, une posture de dominant, en les prenant en légère contre-plongé. La photographie fige un instant précis pour faire une emblème de la lutte.

 

FENTON David, View of a line of Black Panther Party members as they stand outside the New York City courthouse under a portion of an Abraham Lincoln quote which reads « The Ultimate Justice of the People », 11 avril 1969, photographie argentique noir et blanc.

 

L’insurrection populaire du 27, 28 et 29 juillet 1830 à Paris, ou Les Trois Glorieuses, est suscitée par les républicains libéraux contre la violation de la Constitution par le gouvernement de la seconde Restauration. Elle renverse Charles X, dernier roi bourbon de France et met à sa place Louis Philippe, duc d’Orléans. Le peintre Eugène Delacroix est témoin de ces événements et décide de les retranscrire en une peinture , le célébrissime tableau La liberté guidant le peuple. Ce sujet d’actualité pour l’époque est traité à la manière des peintres classiques mais aussi romantiques par l’utilisation d’une allégorie et de multiples symboles. Traiter un sujet d’actualité à cette époque est rare, surtout par la peinture qui demande un certains temps d’exécution qui éloigne l’œuvre de son thème. La lutte, ou la contestation, sont ici représentées par la figure de la Liberté. Cette liberté est habillée d’attributs comme le bonnet phrygien, symbole de la Révolution française, d’un drapeau français qu’elle brandit comme un étendard mais aussi d’un fusil, symbole guerrier. Elle est représentée sous les traits d’une jeune fille humble, que l’on suppose du peuple, une partie de sa tenue déchirée. Elle est accompagnée d’un gavroche, un « gamin » des rues armé de revolvers et suivie par le peuple armé. Elle est présentée marchant sur une barricade ainsi qu’un amoncellement de cadavres. Cette représentation iconique renvoie de nouveau à un imaginaire guerrier, rattaché à la lutte mais y apporte une dimension héroïque en la représentant sous les traits d’une jeune fille forte et déterminée. Cette représentation est devenue un emblème de la république française, nommée la Marianne, représentante d’un peuple libre et d’une nation démocratique. Cet emblème révolutionnaire est maintenant un emblème institutionnel.

 

Eugène DELACROIX, La liberté guidant le peuple, 1830, huile sur toile, 260 x 325 cm., Musée du Louvre, Paris.

 

Russie en 1925, Sergueï Eisenstein réalise son premier film La grève. C’est une film soviétique soutenant la Révolution russe. Ce film relate l’histoire d’une usine où les ouvriers subissent des conditions de travail inhumaines. Un des ouvriers est alors accusé d’avoir volé une montre et se pend. Les ouvriers se mettent alors en grève pour manifester leur indignation. Cependant, la grève est réprimée dans le sang par l’armée tsariste, appelée par le patronat. Nous nous pencherons ici sur la dernière séquence du film, celle de la répression de la grève. Il faut garder à l’esprit qu’il s’agit ici d’un film de propagande soviétique. Le système capitaliste et la société russe tsariste sont caricaturés et fortement critiqués. Il est intéressant de voir la représentation de la grève, de la contestation des ouvriers mais aussi celle du pouvoir qui la réprime. Les grévistes et les ouvriers sont montrés comme un tout, une foule en mouvement. On retrouve l’image des mains levées, dans un désir de prendre la parole. Mais au moment de la répression, qui correspond à l’arrivée de l’armée tsariste, les mouvements de la foule deviennent chaotiques, totalement désordonnés, comme un troupeau d’animaux attaqué par un prédateur. S’ensuit alors la scène finale, où l’armée tire sur les grévistes.
Les scènes de fusillade s’alternent avec celles d’un abattoir où l’on tue une vache. Les grévistes, emblèmes de la contestation, sont alors représentés comme des animaux sacrifiés, abattus sur l’autel du capitalisme, renvoyant à l’image des martyres.

 

 

 

Sergueï EISENSTEIN, Ctayka (La grève) , 1925, photogrammes tirés du film, noir et blanc, Proletkoult et Goskino.

 

Icône contestataire incontournable, Le Christ a été représenté bien des fois au cours de l’Histoire de l’art. Il est la figure emblématique du Christianisme, incarnation de Dieu sur terre, mais il est aussi celui qui a amorcé une révolution religieuse en rupture avec les croyances de l’Empire romain. Il nous semblait intéressant d’intégrer une des représentations du Christ dans cette exposition sur la contestation. Nous avons choisi Le Portement de Croix du peintre Raphaël datant approximativement de 1516-1517. Jésus Christ est ici représenté durant l’une des étapes du Chemin de croix. Il ploie sous le poids de sa croix, entouré de Marie, des femmes de Jérusalem et aidé par Simon de Cyrène. L’icône ici est montrée dans toute sa dimension humaine, fatiguée et souffrante sous le poids du supplice. Il est en chemin pour devenir un martyre en le montrant dans une première épreuve avant la crucifixion. Il jette un regard de souffrance à sa mère, Marie, et est obligé de s’appuyer sur une pierre pour garder la tête relevée. Toute cette posture ajoute du pathos et crée de l’empathie pour cette icône qui s’humanise ici : nous ne sommes plus face au fils de Dieu mais face à un homme supplicié pour s’être exprimé. De plus, cette scène est encadrée par des représentations de l’autorité : les soldats romains et un homme portant un fouet qui reste impassible face au calvaire du Christ. Cela accentue l’image de martyre du Christ.

 

RAPHAËL, Andata al Calvario (La montée au Calvaire ou Le Portement de Croix), au environ de 1516-1517, huile sur bois transposée sur toile, 318 × 229 cm., Musée du Prado, Madrid.

 

En 1971, le métro Charonne accueille une installation de l’artiste Ernest Pignon Ernest. Il est un artiste engagé qui travaille entre autre sur la guerre. Il travaille aussi généralement in situ, ici il s’agit des escaliers d’une bouche de métro de Paris. Il s’agit d’une installation de huit affiches représentant des gisants à échelle un, sérigraphiées en noir et contrecollées sur les marches du métro Charonne. L’artiste explique que ces gisants sont inspirés des morts de la Commune de Paris. Il a choisi de faire un hommage à la commune non pas dans les musées, mais dans la rue, là où elle a eu lieu. Il a créé plusieurs installations sur des lieux symboliques de la commune comme le cimetière du père Lachaise ou la Butte aux Cailles. Mais en plus d’être un hommage à la commune, il s’agit aussi d’un hommage à huit manifestants algériens morts dans une lutte pour l’indépendance de l’Algérie dans les années 60.
La contestation est représentée dans l’une de ses conséquences, la mort des manifestants pendant la lutte. Elle est universalisée car l’image d’un ou deux manifestants renvoie à de multiples manifestations. Qu’il s’agisse des communards ou des algériens, la contestation peut être synonyme de mort et de sang comme les coulures de l’encre le signifient. L’image du gisant renvoie sans ambiguïté à la mort mais renvoie aussi à une iconisation des morts en faisant d’eux des martyres. De plus, il semble les mettre en scène comme s’ils continuaient à lutter et à manifester dans la rue même après la mort. Ici, l’artiste provoque le spectateur en lui donnant le choix soit de contourner les gisants soit de marcher dessus. Nous avons le choix de nous positionner par rapport à la contestation en respectant ses morts ou en les ignorant.

 

Ernest PIGNON ERNEST, La Commune et métro Charonne,1971, sérigraphies sur papier, installation in situ au métro de Charonne, Paris.

 

« Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, l’armée chinoise met fin dans le sang à l’occupation par des centaines de milliers de personnes de la place Tian’anmen à Pékin, demandant des réformes démocratiques« . Voilà ce que nous dit le Monde dans un article publié le 6 juin 1989.
Ce soulèvement de la population regroupant aussi bien des étudiants, des ouvriers et des intellectuels chinois contre le gouvernement corrompu a été réprimé de manière très violente, notamment avec l’intervention de l’armée. Nous avons déjà tous entendu parler au moins une fois du massacre de la place Tian’anmen. Ce qui est assez étonnant c’est que l’une des représentations emblématiques de ce mouvement populaire est la photographie de Jeff Widener montrant un homme seul face à une colonne de chars. Il est très vite devenu l’incarnation de la manifestation contre la répression armée. Cette photographie fait le tour du monde et l’inconnu est alors affublé de divers surnoms comme « L’homme de Tian’anmen« , « Tank man » ou encore « The Unknown Rebel« . C’est par un acte de bravoure chevaleresque et voué à l’échec qu’il devient un symbole de la contestation. Ici, elle n’est pas incarnée par un leader charismatique comme le Che Guevara ou par une allégorie comme la liberté. La contestation est anonyme mais est héroïque tel un David défiant Goliathe. Cette image montre aussi l’absurdité de la répression, les moyens engagés contre les manifestants sont totalement disproportionnés. Cela renforce l’image autoritariste du pouvoir.

 

Jeff WIDENER, Tank Man (L’homme tank) , 5 juin 1989, photographie argentique couleur prise à Pékin.

 

Nous sommes de nouveau en 1967 aux États-Unis, à Washington. Le 21 octobre a lieu une importante manifestation contre la guerre du Viêt Nam. Une jeune fille, une lycéenne de 17 ans, Jan Rose Kasmir participe au défilé dans sa robe à fleurs. Cette adolescente anonyme, parmi une foule de manifestants va bientôt devenir un symbole de la contestation non-violente. Capturée par Marc Riboud, la photographie La fille à la fleur montre Jan Rose Kasmir seule tenant une fleur devant son visage face à une ligne de soldats de la Garde nationale armés. Malgré le fait que la photographie soit prise au milieu d’une foule de contestataires, le cadrage donne l’impression que la jeune fille est seule face aux soldats. Cette image d’une seule personne contre tous, la transforme ainsi en une icône, en un symbole. De plus le contraste entre les soldats armés et la jeune fille renforce cette aspect iconique : la guerre contre la paix. Le fait qu’elle ait uniquement une fleur comme « arme » contre des fusils donne d’elle une image courageuse mais aussi pacifiste, apaisante. Cette image est devenue un symbole du mouvement anti-guerre mais aussi du « Flower Power« . La contestation n’est ici pas montrée comme destructrice ou violente mais comme pacifique et poétique.

 

Marc RIBOUD, La fille à la fleur, 1967, photographie argentique noir et blanc, Washington.

 

Le motif de la fleur comme symbole de contestation revient dans l’histoire de l’art. L’artiste activiste dissident Ai Wei Wei propose un geste de contestation poétique à travers une performance qui a duré près de deux ans, With Flower. En 2011, l’artiste est arrêté puis emprisonné. À sa sortie, le gouvernement chinois lui retire son passeport. Il lui est alors impossible de quitter le territoire chinois. Ai Wei Wei, artiste multiple, est notamment connu pour utiliser les réseaux sociaux dans ses actions. En 2013 il commence sa performance qu’il décide de continuer jusqu’à ce que son passeport lui soit restitué. Chaque matin, il dépose un bouquet de fleurs, arrangé avec soin et présentant diverses variétés de fleurs, dans le panier d’une bicyclette devant son studio, le No. 258 Caochangdi. Il publie ensuite les photographies de la bicyclette sur Flickr, Instagram et Twitter, les divers réseaux sociaux qu’il affectionne particulièrement dans son travail. Il a ainsi poursuivi sa performance près de 600 jours, jusqu’en juillet 2015, jusqu’à ce que le gouvernement lui ait rendu son passeport. Nous retrouvons comme pour La jeune fille à la fleur une contestation pacifique et poétique avec l’image du bouquet de fleur. Le symbole du bouquet déposé dans le vélo peut aussi renvoyer à la mort d’une liberté de mouvement, ce qui ajoute à la dimension poétique de la performance. C’est une contestation sur le long terme, qui prend aussi son sens dans la durée de l’action. Il s’agit ici d’une contestation totalement individuelle mais qui a été transformée en art et suivie par des milliers de personnes via les réseaux sociaux.

 

Ai WEI WEI, With Flower, 30 novembre 2013 à juillet 2015, performance, photographies numériques couleurs, devant le No. 258 Caochangdi studio, Chine.

 

Manifesto est une installation vidéo de l’artiste allemand Julian Rosefeldt composée de 13 vidéos. Il choisit de mettre en scène les manifestes de mouvements artistiques tels le Dadaïsme ou le Futurisme. Ces manifestes sont récités, joués, même incarnés par un personnage particulier lui-même mis en scène. Chacun de ces personnages est un archétype : une institutrice, une veuve, une speakerine, un SDF… Toute cette galerie de personnages est interprétée par la seule actrice Cate Blanchett. Les vidéos sont des monologues qui redonnent une vie et une nouvelle signification à ces manifestes. Ils sont l’expression d’un désir de rupture avec une époque mais aussi l’expression d’une forme de rage. L’artiste, à travers cette installation, interroge la place de l’artiste dans la société mais aussi les liens entre art et politique. La contestation est ici à chaque fois incarnée par une typologie de personnages mais aussi par le manifeste, sa forme littéraire. Ainsi les mots sublimés par l’interprétation entrent en résonance avec le personnage qui les incarne. La contestation est mise en scène mais surtout humanisée, personnifiée. Elle est représentée comme multiple et protéiforme, s’inscrivant dans divers espaces et temporalités.

 

 

Julian ROSEFELDT, Manifesto, décembre 2016 à janvier 2017, installation vidéo, Park Avenue Armory, New York.

 

1940 à Berlin, un récit croisé qui propose de suivre différents personnages sous le régime Nazi. Seul dans Berlin, livre de Hans Fallada, relate, entre autre, l’histoire du couple Quangel qui entre en micro-résistance contre le régime. Il ne s’agit pas d’une résistance grandiloquente, mais d’une résistance à leur échelle. Otto et Anna écrivent des cartes qui remettent en cause le régime Nazi. Ils les déposent ensuite à divers endroits dans Berlin. Le couple a écrit des centaines de cartes et cette histoire remonte jusqu’à la Gestapo. La contestation est ici littéraire, comme pour les tracts et les manifestes. Elle s’étale dans le temps, et malgré la modestie de l’acte, cela la rend de plus en plus forte. Elle est très modeste, passe par des actions simples : écrire et déposer des cartes. Elle semble anodine mais reste un acte de courage car le peuple Allemand est soumis au régime Nazi, à la censure et à la propagande. Malgré son aspect mimine, cette forme de contestation inquiète l’autorité car elle est anonyme mais surtout elle amène à requestionner le pouvoir. En l’intégrant dans un environnement urbain saturé de propagande, elle pousse la population à penser et à remettre en doute le régime. Cette forme de contestation montre aussi l’importance que peut prendre une action aussi humble soit-elle.

 

Hans FALLADA, Seul dans Berlin, première publication 1947, Folio, éditions Denoël, collection Denoël & D’ailleurs, parution le 4 juin 2002.

 


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