Qui est la Station ?

Découverte du lieu et rencontre avec Muriel J. le 26 janvier 2018, de 17h40 à 20h.
Je suis accompagnée d’un ami pour cette première rencontre.
La Station est située au 7 Rue des Écrivains à Strasbourg, derrière la cathédrale, dans la continuité du Palais Rohan. Elle est ouverte du mardi au vendredi de 16h00 à 20h00, le samedi de 13h30 à 21h00. Le lieu est fermé le lundi et le dimanche, sauf événements exceptionnels. La Station, sans être cachée, n’est pas très visible. Les vitres sont sablées, floutées, de manière à ce que l’on ne puisse pas voir l’intérieur.

 

Vue extérieur de la Station, prise avec mon smartphone.

 

La Station, qu’est ce que c’est ? Présentation et découverte du lieu.

Nous sommes accueillis par Cindy et Noé, stagiaires à la Station, en charge de l’accueil. Cindy commence à présenter le lieu et son fonctionnement. Comme nous voulons prendre des notes, ils nous proposent de nous asseoir au café pour discuter tranquillement et confortablement.
D’abord, nous avons droit à un petit historique de la Station.
En 2007, suite à une agression lesbophobe dans le tram les associations LGBTI de Strasbourg ont mis la pression sur la mairie pour pouvoir se rassembler en un lieu. En 2011, la Station, le lieu, ouvre ! C’est un lieu de rassemblement pour ces associations. Elles peuvent louer des salles. Le lieu est géré par des bénévoles.

La station est constituée de 13 pôles :
– le café associatif
– exposition avec des expositions mensuelles d’artistes
– écoute, avec une permanence le jeudi de 17h à 19h
– juridique
– communication pour gérer les réseaux sociaux…
– médiathèque
– événementiel
– culture
– santé et prévention
– jeunesse, avec des événements spécifiques pour les jeunes
– 45 ans et plus, qui organise des apéros
– informatique
– maintenance

Ces deux derniers pôles sont focalisés sur les réparations.
La Station est un espace de non-jugement, on ne pose pas de question sur la sexualité. Le café associatif demande une adhésion au bout de plusieurs visites pour éviter les tensions avec les cafés alentours. Les différents événements, la programmation, est noté sur le tableau du café. Pour devenir bénévole il faut être adhérent, l’adhésion est de 10 euros pour un an.
Il y a certaines soirées à thèmes, des événements fermés, réservés aux filles par exemple ou aux personnes transgenres. Surtout, il faut noter que c’est un centre inter-associatif, et non une association en soit.
Il y a 8 associations adhérentes :
– SOS homophobie
– AIDES
– Le refuge
– La nouvelle Lune
– David et Jonathan
– L’autre cercle
etc.
En gros, elle ressemble des associations sur l’Alsace et le Grand-Est, même si ses actions se centre généralement sur l’Alsace.
La Station n’est qu’un espace qui propose des locaux pour ces associations.
En ce moment, l’espace d’exposition accueille des dessins donnés par Tomi Ungerer.

Suite de la découverte du lieu en compagnie de la présidente.

Au début de la soirée, nous observons une faible fréquentation du lieu et peu de consommation. Vers 18h30 le café se remplit. Plusieurs personnes sont arrivées et ont commencé à consommer. Un groupe de personne s’est rassemblé autour d’une table pour discuter. Un autre groupe, sur une autre table, s’est rassemblé autour d’un jeu de fouille archéologique. Les bénévoles mangent sur place. Les personnes présentes semblent toutes être des habituées. Les bénévoles les appellent par leur prénom, leur font des compliments ou prennent des nouvelles.

« les crêpes sont faites avec l’amour de la Station« 
Sylvie, bénévole.

Les personnes sont très chaleureuses entre elles. Même nous, nouveaux arrivants, sommes bien accueillis. On ressent un amour pour ce lieu.

« Depuis 2015, je connais la Station, dès que je peux passer, je passe.« 
Inconnu, adhérent.

La présidente introduit le « tu » rapidement. La présidente est intéressée par le projet dès le début. D’abord dans un intérêt personnel, elle aimerait pouvoir monter des films de vacances. Ensuite, elle y voit un intérêt pour la Station.
Elle a des doutes sur le militantisme. Cet aspect se manifeste surtout pendant le mois des visibilités, de la marche des visibilités et d’autres événements. Elle aimerait ne pas se limiter à ces événements pour les sujets filmés mais aussi montrer la vie de la Station, qui témoigne d’une manière de vivre militante. On revient à l’expérience du groupe Medvedkine, où les ouvriers expliquaient que le militantisme ne se vit pas que dans les grandes actions mais aussi dans le quotidien. Elle entend le militantisme sous l’adage « l’union fait la force« . Les personnes qui se sentent bien peuvent ainsi aider d’autres personnes qui se sentent moins bien. Ainsi la Station en offrant un lieu chaleureux et des événements variés crée l’union. Le café, les moments culturels et festifs sont là pour créer un cadre convivial, qui témoigne d’une certaine philosophie. Afin de pouvoir militer, la Station attire les gens et cherche à les rassembler autour des petits événements.
Muriel s’inquiète aussi pour le matériel. Je lui dis que mon projet consiste à faire réaliser des films avec les moyens du bord et notamment avec des smartphones. De plus, ils ont du matériels, notamment au pôle informatique où des ordinateurs sont disponibles ainsi qu’un vidéoprojecteur.
Nous discutons des ateliers possibles à mettre en place. Muriel nous parle de la fréquentation du lieu. La Station est plus fréquentée le samedi après-midi, c’est aussi là où il y a le plus de jeunes. Les soirs en semaine, les gens viennent surtout pour se détendre.
Nous parlons aussi de la possibilité d’un stage pour mieux connaître le lieu et ses usagers, ainsi que pour entamer des ateliers pour mon projet.
Par contre Muriel nous prévient, il y a une règle d’or, « personne n’est filmé sans autorisation ». Il faut demander l’autorisation et spécifier comment et où seront diffusés les films. La population fréquentant le lieu est sensible. « Il ne faudrait pas les outés par accidents », c’est à dire dévoiler l’orientation sexuel ou l’interrogation de genre d’une personne. Cela est une contrainte intéressante, comment montrer la vie d’un lieu sans mettre en danger les personnes. Le pôle communication a demandé une caméra pour filmer en direct des événements et faire vivre Facebook.

« On a jamais eu de bénévoles qui s’y connaissaient. »
Muriel.

Donc il y a une envie de faire, de communiquer par le film, du moins la vidéo, mais une peur de faire par manque de compétences. Je précise que l’idéal, même après le diplôme, c’est qu’ils puissent utiliser mon projet.

« C’est le jeu du bénévolat, chaque bénévole qui part doit laisser ce qu’il a fait. »
Muriel.

Pour le stage, la présidente propose un échange de bon procédé : je travaille sur mon projet et j’aide au pôle communication, notamment pour la newsletter. Pour finir nous parlons du fonctionnement de la Station. La subvention de la ville permet de payer son salaire à l’unique employé. La municipalité participe aussi au frais de fonctionnement.
Muriel soulève un problème au pôle communication, délaissé par les bénévoles qui ne le gèrent pas aussi régulièrement qu’ils auraient dû. Ils ont bien tenté de régler ça avec un mécénat de compétence, mais le marché n’a pas abouti. Muriel insiste sur le fait que la communication est très importante pour la Station ! En tout cas, une collaboration est plus que possible et cette rencontre me permet d’envisager des ateliers possibles !
Je récupère des flyers, des supports de communication, pour mieux connaître les « valeurs » et les combats de la Station.

Stage du 20 février au 10 mars 2017

Ce stage m’a permis de mieux connaître la Station, qui la fréquente, quand, les bons et mauvais côtés.
J’ai pu y voir les différents degrés d’implication des bénévoles et adhérents, ceux qui viennent quasiment tous les jours, ceux qui viennent ponctuellement ou encore ceux qui viennent rarement voire pas du tout.
J’ai aussi pu voir que le militantisme n’est pas perçu de la même manière selon les personnes.
Déjà, l’un des premiers constats est que le bénévolat est contraignant. Il est impossible d’obliger les bénévoles et encore moins les adhérents à faire des choses. Toute action est alors très dépendante de leurs volontés. C’est aussi pour cela que le pôle communication, pourtant l’un des plus importants pour la visibilité du centre et pour communiquer sur les événements ainsi que les actions de la Station, fonctionne mal. Les bénévoles n’ont pas le temps de s’occuper de tout (mise à jour de site, rédaction et mise à jour de la newsletter mensuelle et les publications Facebook) et sont soumis à des impératifs par rapport à leurs vies personnelles.
Un nouvel adhérent, Léo, réalisateur d’origine russe, vient d’arriver et a proposé son expertise pour réaliser des vidéos de promotions pour le centre. Il propose aussi un atelier avant la Marche des Visibilités pour réaliser des films pour cet événement. Cependant, sa méthode semble proche des méthodes de transmission du cinéma plus traditionnelles. Nos projets se complètent sans se parasiter ou ne sont pas redondants…

 


suite…