Séquence 3 – Le cinéma et la vidéo militants

Comme nous l’avons vu, la pratique amateure est en lien étroit avec le cinéma militant.
Romain Lecler le définit comme un cinéma « pour les dominés du champ social ». Le cinéma militant est un cinéma qui lutte et qui est en lutte contre le cinéma « traditionnel ». Ce cinéma connaît une période prolifique, notamment en France dans les années 70, où il devient un genre à part entière. En parallèle, cette période a connu les états généraux du Cinéma, « le cinéma s’insurge » comme les ouvriers et les étudiants. Il fait apparaître sur les écrans des figures peu représentées au cinéma : les ouvriers d’abord, puis les immigrés, les paysans, les féministes… Ce cinéma a accompagné les luttes de l’époque, puis s’est perdu. Les collectifs se sont dissous, les films ont été détruits ou mal conservés, et peu distribués… Pourtant, le support cinéma, qui se confond avec les vidéos, continue d’être utilisé par des militants, comme en témoignent les films des révolutions arabes, les vidéos qui pullulent sur le net comme « Bonjour Tristesse », ou encore les multiples films de Greenpeace ou des Femens. Car militer, c’est avant tout agir, lutter pour ou contre une cause, quelqu’un ou quelque chose. Et filmer est une action, filmer est une manière d’écrire et de transmettre un discours. Choisir de proposer ce type de cinéma répond finalement à la question « pourquoi faire un film ? ».
En axant ma réflexion sur le but du film, cela me permet de développer des outils pour des usagers spécifiques et de les adapter à leurs besoins, mais aussi de réinterroger ce que signifie être militant de nos jours et comment le montrer.

 


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